Mallarmé

Poésies, 1899


Prose


                           
(pour des Esseintes)


Hyperbole ! de ma mémoire
Triomphalement ne sais-tu
Te lever, aujourd’hui grimoire
Dans un livre de fer vêtu :
 
Car j’installe, par la science,
L’hymne des cœurs spirituels
En l’œuvre de ma patience,
Atlas, herbiers et rituels.
 
Nous promenions notre visage
(Nous fûmes deux, je le maintiens)
Sur maints charmes de paysage,
Ô sœur, y comparant les tiens.
 
L’ère d’autorité se trouble
Lorsque, sans nul motif, on dit
De ce midi que notre double
Inconscience approfondit
 
Que, sol des cent iris, son site,
Ils savent s’il a bien été,
Ne porte pas de nom que cite
L’or de la trompette d’Été.
 
Oui, dans une île que l’air charge
De vue et non de visions
Toute fleur s’étalait plus large
Sans que nous en devisions.
 
Telles, immenses, que chacune
Ordinairement se para
D’un lucide contour, lacune,
Qui des jardins la sépara.
 
Gloire du long désir, Idées
Tout en moi s’exaltait de voir
La famille des iridées
Surgir à ce nouveau devoir,
 
Mais cette sœur sensée et tendre
Ne porta son regard plus loin
Que sourire et, comme à l’entendre
J’occupe mon antique soin.
 
Oh ! sache l’Esprit de litige,
À cette heure où nous nous taisons,
Que de lis multiples la tige
Grandissait trop pour nos raisons
 
Et non comme pleure la rive,
Quand son jeu monotone ment
À vouloir que l’ampleur arrive
Parmi mon jeune étonnement
 
D’ouïr tout le ciel et la carte
Sans fin attestés sur mes pas,
Par le flot même qui s’écarte,
Que ce pays n’exista pas.
 
L’enfant abdique son extase
Et docte déjà par chemins
Elle dit le mot : Anastase !
Né pour d’éternels parchemins,
 
Avant qu’un sépulcre ne rie
Sous aucun climat, son aïeul,
De porter ce nom : Pulchérie !
Caché par le trop grand glaïeul.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 22 juillet 2014 à 10h54

Honneur à Stéphane
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Mallarmé, nous chantons ta gloire,
Car tu es très fort (le sais-tu ?)
Et tu composes des grimoires
Ou des sonnets assez pointus ;

Car tu pratiques la science
Des énoncés spirituels
Où s’accomplit ta patience
En de très subtils rituels.

Nadar a fixé ton visage
Sur le papier, où il se tient
En l’absence de paysage
Et semble dire « Tout va bien ».

Maint lecteur à tes mots se trouble
Et veut savoir ce que tu dis ;
Si son acharnement redouble,
S’il cherche, s’il approfondit

Et s’il fréquente les bons sites
Où ton travail est commenté,
Voilà du plaisir fort licite
Qui peut durer tout un été.

Pays sans boussole et sans carte,
Mais j’aime y promener mes pas :
On glisse, on s’étonne, on s’écarte,
On voit ce qui n’existe pas.

Mallarmé, je te dois l’extase
D’itinéraires sans chemins ;
Tes beaux écrits forment la base
De mon cosmos de parchemin.

Qu’on s’en étonne ou qu’on en rie,
Qu’on te trouve un fol ascendant :
Mon jugement point ne varie,
Ce que tu fais, c’est transcendant !

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