Charles-Louis de Malfilâtre


Traduction du psaume 156


 

Super flumina Babylonis


 
      Assis sur les bords de l’Euphrate,
Un tendre souvenir redoublait nos douleurs ;
Nous pensions à Sion dans cette terre ingrate,
Et nos yeux, malgré nous, laissaient couler des pleurs.
 
      Nous suspendîmes nos cithares
Aux saules qui bordaient ces rivages déserts ;
Et les cris importuns de nos vainqueurs barbares
À nos tribus en deuil demandaient des concerts.
 
      Chantez, disaient-ils, vos cantiques ;
Répétez-nous ces airs si vantés autrefois,
Ces beaux airs que Sion, sous de vastes portiques,
Dans les jours de sa gloire admira tant de fois.
 
      Comment, au sein de l’esclavage,
Pourrions-nous de Sion faire entendre les chants ?
Comment redirions-nous, dans un climat sauvage,
Du temple du Seigneur les cantiques touchants ?
 
      Ô cité sainte, ô ma patrie !
Chère Jérusalem dont je suis exilé,
Si ton image échappe à mon âme attendrie,
Si jamais, loin de toi, mon cœur est consolé ;
 
      Que ma main tout-à-coup séchée
Ne puisse plus vers toi s’étendre désormais ;
À mon palais glacé que ma langue attachée
Dans mes plus doux transports ne te nomme jamais.
 
      Souviens-toi de ce jour d’alarmes,
Seigneur, où par leur joie et leurs cris triomphants,
Les cruels fils d’Édom, insultant à nos larmes,
S’applaudissaient des maux de tes tristes enfants.
 
      Détruisez, détruisez leur race !
Criaient-ils aux vainqueurs de carnage fumants ;
De leurs remparts brisés ne laissez point de trace ;
Anéantissez-en jusques aux fondements.
 
      Ah ! malheureuse Babylone,
Qui nous vois sans pitié traîner d’indignes fers !
Heureux qui, t’accablant des débris de ton trône,
Te rendra les tourments que nous avons soufferts !
 
      Objet des vengeances célestes,
Que tes mères en sang, sous leurs toits embrasés,
Expirent de douleur, en embrassant les restes
De leurs tendres enfants sur la pierre écrasés.
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Соppéе : Lе Саbаrеt

Βаudеlаirе : Ρоrtrаits dе mаîtrеssеs

Hаrаuсоurt : Αu tеmps dеs féеs

☆ ☆ ☆ ☆

Hаrаuсоurt : Αu tеmps dеs féеs

Cоmmеntaires récеnts

De Jоrsin sur Lеs Αmis trоp d’ассоrd (Hоudаr dе Lа Μоttе)

De Сhristiаn sur Соntrе Ligurinus : «Τоut lе mоndе tе fuit...» (Dubоs)

De Jаdis sur Αprès lа сlаssе (Hаrdу)

De Βас mаrсеl sur Lеs Gеnêts (Fаbié)

De Frаnçоis С. sur «Lе viеrgе, lе vivасе еt lе bеl аuјоurd’hui...» (Μаllаrmé)

De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu)

De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt)

De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé)

De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе)

De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn)

De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz