Olivier de Magny



Bienheureux soit le jour, et le mois, et l’année,
La saison, et le temps, et l’heure, et le moment,
Le pays et l’endroit où bien heureusement
Ma franche liberté me fut emprisonnée.
 
Bienheureux l’astre au ciel d’où vient ma destinée,
Et bienheureux l’ennui que j’eus premièrement,
Bienheureux aussi l’arc, le trait et le tourment
Et la plaie que j’ai dans le cœur assénée.
 
Bienheureux soient les cris que j’ai jetés au vent,
Le nom de ma maîtresse appelant si souvent,
Et bienheureux mes pleurs mes soupirs, et mon zèle,
 
Bienheureux le papier que j’emplis de son los,
Bienheureux mon esprit qui n’a point de repos,
Et mon penser aussi qui n’est d’autre que d’elle.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 20 janvier 2018 à 12h00

Ambicuniculus
------------------

Il a pu traverser d’innombrables années,
Mais qui lui ont paru ne durer qu’un moment ;
Tel est l’inconvénient de vivre heureusement,
Sans qu’une âme jamais ne soit emprisonnée.

Il n’a jamais compris  pour quelle destinée
En ce monde bizarre il vint premièrement ;
Mais il lui suffisait d’échapper aux tourments
Et de goûter le fruit de quelques gramnées.

Nombreux sont les sonnets qu’il a jetés au vent,
Le nom de sa maîtresse appelant si souvent,
Lui qui désirait être un amant plein de zèle.

Nombreux sont les instants perdus dans les tripots ;
Mais bientôt, son esprit trouvera du repos
Et son ange gardien le prendra sous son aile.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Marie Rouanat le 20 janvier 2018 à 16h54

pour cochonfucius, correction au vers n°8 !
lire : graminées

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Christian le 20 janvier 2018 à 20h55

Bien sûr, graminées comme dans la fable du Titi et des Graminées !

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