Maurice Mac-Nab


Le Métingue du Métropolitain


 
C’était hier, samedi, jour de paye,
Et le soleil se levait sur nos fronts.
J’avais déjà vidé plus d’un’ bouteille,
Si bien qu’ j’m’avais jamais trouvé si rond.
V’là la bourgeois’ qui rappliqu’ devant l’ zingue :
« Feignant, qu’ell’ dit, t’as donc lâché l’ turbin ?
— Oui, que j’ réponds, car je vais au métingue,
Au grand métingu’ du métropolitain ! »
 
Les citoyens, dans un élan sublime,
Étaient venus guidés par la raison.
À la porte, on donnait vingt-cinq centimes
Pour soutenir les grèves de Vierzon.
Bref, à part quatr’ municipaux qui chlinguent
Et trois sergents déguisés en pékins,
J’ai jamais vu de plus chouette métingue,
Que le métingu’ du métropolitain !
 
Y avait Basly, le mineur indomptable,
Camélinat, l’orgueille du pays...
Ils sont grimpés tous deux sur un’ table,
Pour mettre la question sur le tapis.
Mais, tout à coup, on entend du bastringue ;
C’est un mouchard qui veut fair’ le malin !
Il est venu pour troubler le métingue,
Le grand métingu’ du métropolitain !
 
Moi j’ tomb’ dessus, et pendant qu’il proteste,
D’un grand coup d’ poing, j’y renfonc’ son chapeau.
Il déguerpit sans demander son reste,
En faisant signe aux quatr’ municipaux.
À la faveur de c’que j’étais brind’zingue
On m’a conduit jusqu’au poste voisin.
Et c’est comm’ ça qu’a fini le métingue,
Le grand métingu’ du métropolitain !
 
              MORALE
 
Peuple français, la Bastille est détruite,
Et y a z’encor des cachots pour tes fils !...
Souviens-toi des géants de quarante-huit
Qu’étaient plus grands qu’ ceuss’ d’au jour d’aujourd’hui.
Car c’est toujours l’ pauvre ouvrier qui trinque,
Mêm’ qu’on le fourre au violon pour un rien,
C’était tout d’ même un bien chouette métingue,
Que le métingu’ du métropolitain !
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 24 juillet 2021 à 14h06


Controverses terminologiques
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J’ cuvais encor’, tout envapé d’ la veille,
J’en écrasais dans les rhododendrons.
Quand v’là qu’ soudain un’ gueulant’ me réveille,
De quoi, de qu’est-ce ? Ah, vingt dieux, c’est l’ patron.
– Dis donc, qu’y fait, la cabane est cradingue :
Pourquoi qu’ j’ te cigle, ici c’est toi l’ larbin !
Attrape un seau, empoigne la wassingue,
Et magne-toi fissa le popotin !
 
C’t encourag’ment aussitôt me ranime,
J’ lèv’ mon bitos à la péroraison !
Mais j’ décarr’ pas, j’ crois bien qu’y m’ surestime,
Et j’ reste là, à glander sur l’ gazon.
V’là qu’y barrit : – Dis donc, t’es-t-y sourdingue ?
Ou tu m’ prends-t-y pour un Américain ?
J’ t’ai dit, bon dieu, de choper la wassingue,
Et de r’muer ton foutu popotin !
 
Moi, j’ prends mon air contrit et lamentable :
– Patron, que j’ dis, j’ t’ai toujours obéi ;
C’est la rchouma, j’admets, c’est regrettable,
Mais tu sais qu’ j’ai d’ la fritur’ sous l’ képi.
J’ai rien pigé, j’ cogite à tout berzingue,
J’entrav’ que nib, j’ suis p’t’êt’ pas très malin,
Mais là, j’ barbot’ quand tu m’ caus’ de wassingue,
Ça m’emball’ pas d’ passer pour un crétin.
 
J’ connais la sinc’, l’ chiffon, la serpillière,
J’ situe la loqu’, la toile ou l’ lave-pont ;
J’ dégauchirais itou, si nécessaire,
La patt’, la pièc’, la panosse ou l’ torchon...
Mon singe y fume, y r’naude, y devient dingue,
Y m’ fil’ les flub’, y’a d’ quoi s’ cailler l’ raisin.
– Aboule ici c’te satanée wassingue,
Qu’y gueule, avant qu’ j’ te bott’ le popotin !
 
Épilogue

Bon, j’ crois qu’ j’ me suis assez payé sa frite,
Y pourrait bien m’assaisonner gratis.
Y’a les calots qui lui sort’ des orbites        ,
Y va s’ taper un court-jus dans l’circuit.
On rigol’ plus, le v’là qui sort son flingue,
Mais c’est qu’y va m’ dessouder comme un chien !
– OK, j’ lui fais, m’ prends pas pour un baltringue,
J’y vais, tu peux planquer ton riboustin.

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