Jules Laforgue

Des Fleurs de bonne volonté, 1887


Gare au bord de la mer


 

Korsör. Côtes du Danemark.
Aube du 1er janvier 1886.


On ne voyait pas la mer, par ce temps d’embruns,
Mais on l’entendait maudire son existence,
« Oh ! beuglait-elle, qu’il fût seulement Quelqu’Un ! »....
Et elle vous brisait maint bateau pas-de-chance.
 
Et, ne pouvant mordre le steamer, les autans
Mettaient nos beaux panaches de fumée en loques !
Et l’Homme renvoyait ses comptes à des temps
Plus clairs, sifflotant : « Cet univers se moque,
 
« Il raille ! Et qu’il me dise où l’on voit Mon Pareil !
Allez, boudez, chez vos parades sidérales,
Infini ! Un temps viendra que l’Homme, fou d’éveil,
Fera pour les Pays Terre-à-Terre ses malles !
 
« Il crut à l’Idéal ! Ah ! milieux détraquants
Et bazars d’oripeaux ! Si c’était à refaire,
Chers madrépores, comme on ficherait le camp
Chez vous ! Oh ! même vers la Période Glaciaire !....
 
« Mais l’Infini est là, gare de trains ratés,
Où les gens, aveuglés de signaux, s’apitoient
Sur le sanglot des convois, et vont se hâter
Tout à l’heure ! et crever en travers de la voie.....
 
« — Un fin sourire (tel ce triangle d’oiseaux
D’exil sur ce ciel gris !) peut traverser mes heures ;
Je dirai : passe, oh ! va, ne fais pas de vieux os
Par ici, mais vide au plus tôt cette demeure... »
 
Car la vie est partout la même. On ne sait rien !
Mais c’est la Gare ! et faut chauffer qui pour les fêtes
Futures, qui pour les soi-disant temps anciens.
Oh ! file ton rouet, et prie et reste honnête.
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Jаmmеs : Élégiе prеmièrе : «Μоn сhеr Sаmаin...»

Vеrlаinе : «Μоn Diеu m’а dit : Μоn fils, il fаut m’аimеr. Τu vоis...»

Соppéе : Ρеtits bоurgеоis

☆ ☆ ☆ ☆

Vеrlаinе : «Μоn Diеu m’а dit : Μоn fils, il fаut m’аimеr. Τu vоis...»

Νоuvеаu : Jаnviеr

Cоmmеntaires récеnts

De Frаnçоis С. sur «Lе viеrgе, lе vivасе еt lе bеl аuјоurd’hui...» (Μаllаrmé)

De nе mbоmа sur Αprès lа сlаssе (Hаrdу)

De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu)

De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt)

De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé)

De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе)

De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn)

De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе