Jules Laforgue(1860-1887) D’autrеs pоèmеs :Соmplаintе dе l’оubli dеs mоrts Соmplаintе sur сеrtаins еnnuis Dimаnсhеs : Lе сiеl plеut sаns but... оu еncоrе :Litаniеs dеs prеmiеrs quаrtiеrs dе lа Lunе Diаlоguе аvаnt lеvеr dе lа Lunе
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Jules Laforgue
Au mur de sa petite chambre à coucher, en face de son lit, étaient piqués divers dessins, ou gravures etc . . Souvent le soir couché tard dans le silence de la maison et du
quartier endormis, le front sur son coude,
accommodé dans ses coussins, écoutant l’apaisement de la nuit qui marche
— il songeait scrutant un à un ces dessins
— c’était un dessin de la Nuit de la Michel-Ange — les vers de Baudelaire
— le meilleur dessin qu’il eût fait à l’École, il l’avait copié à la chapelle
— c’était d’un trompe-l’œil étonnant, et comme dans la pénombre
de l’angle où le dessin était cloué, le papier du dessin se confondait
avec celui de la tapisserie, il arrivait à ne voir que la Nuit isolée
avec ses formes tournant — Michel-Ange avait touché cela,
avec son ciseau, contemplé de ses yeux, caressé de ses doigts rudes,
taillé la nuit dans le silence de Florence avec sa lampe pendue au chapeau
— et il voyait Michel-Ange — le portrait de l’Escurial — son milieu, ses passion
— plus rien — où était-il maintenant sou corps ? Vanité,
échange universel d’atomes. Puis des têtes tirées des centum icônes
de Van Dyck. Il remettait ces artistes dans leur milieu de tissus,
de musiques, de cavalcades, de fêtes royales. . Plus rien,
rien — — et ses yeux tombaient sur le crâne planté au bout de sou chevalet —
Soudain obscurité complète, la bougie était finie —
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