Étienne de La Boétie



Quand j’ose voir Madame, Amour guerre me livre,
Et se pique à bon droit que je vais follement
Le chercher en son règne ; et alors justement
Je souffre d’un mutin téméraire la peine.
 
Or me tiens-je loin d’elle, et ta main inhumaine,
Amour, ne chôme pas : mais si aucunement,
Pitié logeait en toi, tu devais vrayement
T’ayant laissé le camp, me laisser prendre haleine.
 
N’ai-je pas donc raison, ô Seigneur, de me plaindre,
Si étant loin de feu, ma chaleur n’est pas moindre ?
Quand d’elle près je suis, lors tu dois faire preuve
 
De ta force sur moi ; mais or tu dois aussi
Relâcher la rigueur de mon âpre souci :
Trop mortelle est la guerre où l’on n’a jamais trêve.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 5 septembre 2020 à 12h11

Ambicheval bibliophage
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Ce noble ambicheval lit à la fois deux livres,
Un nez dans une thèse et l’autre en un roman ;
L’animal les parcourt tous deux rapidement,
L’effort lui est léger, sauf quand il est bien ivre.

Ces textes recoupant des temps qu’il a pu vivre
Apportent la sagesse à son entendement ;
La galère, jadis, qu’il vécut bravement,
Et ce petit jardin qui fut vêtu de givre.

Il lui semble revivre et son passé rejoindre,
De cent mille détails il retrouve le moindre ;
Même les illusions, le délire, les rêves.

Les souvenirs sérieux lui reviennent aussi,
Qui à son double esprit donnèrent du souci ;
Il ne fit avec eux la paix, mais une trêve.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 août 2024 à 11h58

Noble bouc
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Je somnole parmi les livres,
Mais je m’active par moments ;
Les textes viennent par fragments
Quand mon intellect s’en délivre.

En ce refuge il fait bon vivre
Avec fort peu d’entendement ;
Car tout se traite simplement,
Jamais cela ne nous enivre.

À mes défunts j’irai me joindre,
Et d’entre eux je suis l’un des moindres ;
La vie qui me reste, elle est brève.

Lourds sont les jours, les nuits aussi,
Mais que m’importent mes soucis,
Ce ne sont que de pauvres rêves.

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