Étienne de La Boétie



Ô cœur léger, ô courage mal sûr,
Penses-tu plus que souffrir je te puisse ?
Ô bonté creuse, ô couverte malice,
Traître beauté, venimeuse douceur !
 
Tu étais donc toujours sûr de ta sœur ?
Et moi, trop simple, il fallait que j’en fisse
L’essai sur moi, et que tard j’entendisse
Ton parler double et tes chants de chasseur ?
 
Depuis le jour que j’ai pris à t’aimer,
J’eusse vaincu les vagues de la mer :
Qu’est-ce meshuy que je pourrais attendre ?
 
Comment de toi pourrais-je être content ?
Qui apprendra ton cœur d’être constant,
Puisque le mien ne le lui peut apprendre ?
 
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 20 avril 2020 à 15h58


Légèrement, de mon pas de danseur,
J’arpenterai les glaciers de la Suisse
Et descendrai, par les forêts complices,
Vers les vallées aux multiples rousseurs.

En omnibus ou en hydroglisseur,
Je rejoindrai, flâneur sans artifice,
Par les coteaux riants qui s’arrondissent,
Le long rivage à la claire épaisseur.

Et puis, surfant sur les gouffres amers,
Tout ruisselant de la vague outremer,
Sur un rivage ami j’irai m’étendre.

Parmi les fleurs aux parfums éclatants,
Je laisserai, oisif, passer le temps
Et les oiseaux, que je saurai comprendre.

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Déposé par Cochonfucius le 1er septembre 2024 à 12h00

Oisif penseur
--------

Jamais je ne fus un bosseur,
Je suis bien exempt de ce vice ;
Au cours de mon temps de service,
J’encourus l’ire des censeurs.

J’aurais pu être professeur
Pour en tirer des bénéfices ;
Mais que voulais-tu que j’en fisse ?
Ça, je le laisse aux connaisseurs.

L’air est serein,le ciel est clair,
Mille senteurs traversent l’air ;
Quelques oiseaux se font entendre.

Je n’écris rien, c’est épatant,
C’est d’un oisif ce qu’on attend ;
Sur ce sujet, pourquoi s’étendre ?

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