Étienne de La Boétie



Je vois bien, ma Dordogne, encore humble tu vas :
De te montrer gasconne, en France, tu as honte.
Si du ruisseau de Sorgue on fait ores grand compte,
Si a il bien été quelquefois aussi bas.
 
Vois-tu le petit Loir, comme il hâte le pas ?
Comme déjà parmi les plus grands il se compte ?
Comme il marche hautain d’une course plus prompte
Tout à côté du Mince, et il ne s’en plaint pas ?
 
Un seul olivier d’Arne, enté au bord de Loire,
Le fait courir plus brave, et lui donne sa gloire.
Laisse, laisse-moi faire, et un jour, ma Dordogne,
 
Si je devine bien, on te connaîtra mieux ;
Et Garonne, et le Rhône, et ces autres grands dieux.
En auront quelque envie et possible vergogne.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 21 août 2018 à 16h45

Minotaure immature
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Minotaure immature, au supplice tu vas ;
Or, fidèle à toi-même, et dépourvu de honte,
D’un pareil inconfort tu ne tiens pas grand compte,
Tu t’es bien quelquefois tenu un peu plus bas.

Vois-tu le vieux bourreau, comme il hâte le pas ?
Comme déjà parmi les meilleurs il se compte ?
Comme il marche vers toi d’une course fort prompte,
Tu le vois, mon ami, mais tu ne t’en plains pas.

Tu ne longeras plus les rivages de Loire,
Ni n’auras le loisir de gagner de la gloire,
Ni de mener ta nef au fil de la Dordogne.

Or, par ta noble mort, on te connaîtra mieux  ;
Peut-être seras-tu sur la liste des dieux,
Et de l’exécuteur tu riras sans vergogne.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 20 avril 2020 à 11h44

Dauphin de la Dordogne
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Dauphin de la Dordogne, allègrement tu vas,
Tu descends le courant et puis tu le remontes ;
Tu admires de loin la vigne d’un vicomte,
Mais jamais de raisins tu ne fais ton repas.

Les hommes sur le quai avancent à grands pas,
Eux qui vont au labeur et qui leurs heures comptent ;
Leur mouvement est vif, mais ta nage est plus prompte,
Et suivre un long parcours ne te fatigue pas.

Tu n’as point le beau chant des sirènes de Loire,
Mais on te décerna d’autres titres de gloire
Et tu fus admiré par le duc de Bourgogne.

Tu aimes l’océan, le fleuve te plaît mieux  ;
Tu penses que l’eau douce est un présent des dieux,
Quand on ne te voit pas, tu la bois sans vergogne.

[Lien vers ce commentaire]

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