Louise Labé



Luth, compagnon de ma calamité
De mes soupirs témoin irréprochable,
De mes ennuis contrôleur véritable,
Tu as souvent avec moi lamenté :
 
Et tant le pleur piteux t’a molesté,
Que commençant quelque son délectable,
Tu le rendais tout soudain lamentable,
Feignant le ton que plein avait chanté.
 
Et si te veux efforcer au contraire,
Tu te détends et si me contrains taire :
Mais me voyant tendrement soupirer,
 
Donnant faveur à ma tant triste plainte :
En mes ennuis me plaire suis contrainte,
Et d’un doux mal douce fin espérer.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 6 septembre 2017 à 12h00

Noble chimère d’azur
-------------------------

Se complaisant dans les calamités,
(Car son parcours n’est pas irréprochable),
Cette chimère, un monstre véritable,
Si tu la vois, tu dois te lamenter.

Heureux si tu n’en es point molesté !
La rencontrer n’a rien de délectable,
C’est un visa pour un sort lamentable,
Un vaillant barde, avant moi, l’a chanté.

Si ta parole à son coeur est contraire,
Tu le sais bien, c’est là qu’il faut se taire ;
Et ne va point lourdement soupirer,

Puisqu’un soupir lui paraît une plainte ;
Éloigne-toi, fuyant cette contrainte,
Rien ne peut-on de chimère espérer.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 12 septembre 2019 à 11h58

Trinité sonore
----------

En cas de gloire ou de calamité,
Les trois neveux de ce roi vénérable
Sonnent du cor, signal incomparable
Pour exulter ou pour se lamenter.

Dans leurs combats rudement molestés,
Bien éloignés des plaisirs délectables
Et menacés par des sorts redoutables,
Prendront le cor et le feront chanter.

Il faut sonner quand la chance est contraire,
Ces instruments refusent de se taire :
Je les entends clamer ou soupirer

Le noble roi, recevant cette plainte
Par la distance un petit peu éteinte
Y répondra, j’ose au moins l’espérer.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 23 février 2020 à 11h48

Épineuse trinité
-------------

Je vois au bois la verte trinité,
Trois petits dieux piquants et vénérables ;
Ils ont créé ce monde incomparable
Sans en tirer la moindre vanité.

Je n’y ai vu nul serpent serpenter,
Ni proposer aucun fruit délectable ;
Il est absent, ce démon redoutable,
Des créateurs la gloire on peut chanter.

Cet univers n’est pas triste, au contraire,
Il est bâti sur de joyeux mystères
Dont ne sont point nos esprits égarés.

Les gens d’ici n’observent nulle astreinte,
Leurs pieds au sol ne laissent pas d’empreintes ;
Ce monde existe, ou je peux l’espérer.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 24 avril 2020 à 12h28

Au pays des chimères
----------  

Ce continent est presque inhabité,
Mais il y pousse une forêt d’érables ;
Jadis y fut un peuple misérable
Que détruisit une calamité.

Un spectre alors vint ce terroir hanter,
Qui composa des chants inimitables ;
Ce revenant n’était point redoutable,
Qui s’occupait de boire et de chanter.

Cette musique attira des chimères
Qui ont bâti quelques logis sommaires,
Et cette troupe, ensuite, a prospéré.

Si tu y vas, ne montre nulle crainte,
Mais garde-toi pourtant de leurs étreintes,
Laisse-les donc vainement soupirer.

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