Jehan Rictus


Sonnet


 

À Mlle Léonie Godart.


Je sais un ruisseau dont le flot chantonne,
Où vous aimeriez à passer vos jours.
Il tairait dans sa chanson monotone
Le secret de nos virginals amours.
 
Si vous consentiez, bien loin de l’envie
Nous nous en irions cacher nos baisers.
Dès lors, les instants cruels de ma vie
Seraient par vos yeux emparadisés.
 
Mais vous refusez. Adieu ! tout s’écroule.
Je sais une mer, là-bas, dont la houle
Fermera sur moi son linceul flottant.
 
Si vous demeurez dédaigneuse, altière,
Je sais une croix dans un cimetière
Où j’irai clouer mon cœur palpitant !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 22 mai 2013 à 17h20


Au début de sa vie, le poète chantonne,
Trouvant bonne saveur à chacun de ses jours ;
Il dit que les saisons ne sont point monotones,
Car chacune des quatre est le temps des amours.

Puis son printemps s’enfuit, son été l’abandonne,
Son ciel devient porteur de gros nuages lourds ;
Il s’aperçoit alors que c’est déjà l’automne
Et qu’il voit s’approcher la fin de son parcours.

Ce n’est pas pour si peu que son désir s’écroule,
Comme une forte nef, il ne craint point la houle ;
Il reste maître à bord de son monde flottant.

Son âme, vers la mort, restera printanière ;
De l’amour il tiendra bien haute la bannière
Fredonnant ce poème en son dernier instant.

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Déposé par Jadis le 7 novembre 2019 à 16h31

7 novembre
----------------

Le noir canon gronde et notre chant tonne,
Sur les remparts on entend le tambour.
Dans son salon, le bourgeois gueuletonne :
Nous chasserons tous ces maudits vautours.
 
A Courbevoie, Moscou et Varsovie,
Les travailleurs sont prêts à tout raser.
Leur fière classe, autrefois asservie,
Ejectera ces pâles chimpanzés.
 
Le jour se lève, et le vieux monde s’écroule
Autour de nous, mais on n’est pas des moules,
On a en nous la force des Titans.
 
Chez nous, partout, au-delà des frontières,
Nous jetterons au fond des pissotières
Les profiteurs, les rentiers, en chantant !


NB. Le 7 novembre est le "Jour de la Grande Révolution socialiste d’Octobre" en Russie.

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Déposé par Jadis le 7 novembre 2019 à 16h46

Mouais. "Le ciel rougeoie, le vieux monde s’écroule" sonnerait un peu mieux. De toutes façons ça va péter grave.

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Déposé par Cochonfucius le 20 février 2021 à 12h31

Murmure de la ruche
--------

Autour de leur maison les avettes chantonnent,
Heureuses de leur vie et du labeur du jour ;
Un faux-bourdon, bercé par cet air monotone,
Développe en son coeur un sentiment d’amour.

Sachez qu’un peu plus tard, tout espoir l’abandonne,
Son âme devient grise et son vol devient lourd ;
Il pense que ses yeux ne verront pas l’automne,
Que faible fut son corps et trop bref son parcours.

Les avettes sont soeurs et forment une foule,
Un nuage de corps dont s’empare la houle ;
Quant au reproducteur, il est moins important.

Nous aimons contempler la ruche printanière,
Plus élégante à voir que nos pauvres tanières,
Mais je ne sais pourquoi, nous les aimons, pourtant.

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Déposé par Curare- le 20 février 2021 à 22h32

’’Il pense que ses yeux ne verront pas l’automne, ’’


Parfois quand tu écris je deviens monotone
J’ai envie de pleurer et mes larmes toujours
Finissent par couler pour des vers qui chantonnent
Pourquoi j’ai le bourdon ? Parce que mon amour

Moi aussi tard le soir tout espoir m’abandonne
Et mon âme grisée et mon vin est trop lourd
Et si tu penses ainsi l’hiver sera l’automne
Sans espoir sans pardon et surtout sans parcours

Je me suis éloignée évitant toute foule
Mais ce passé devient cette forte vague houle
Je me penchais sur vous soupir réconfortant

J’aimais vous contempler mes bergères princesses
J’ai compris de ma vie à mes jours de vieillesse
Que je voudrais m’éteindre sans vous aimer autant __

20/02/2021 En réponse à une princesse bordélique ___

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