Francis Jammes

Clairières dans le ciel, 1906



Demain fera un an qu’à Audaux je cueillais
les fleurs dont j’ai parlé, de la prairie mouillée.
C’est aujourdhui le plus beau jour des jours de Pâques.
Je me suis enfoncé dans l’azur des campagnes,
à travers bois, à travers prés, à travers champs.
Comment, mon cœur, n’es-tu pas mort depuis un an ?
Mon cœur, je t’ai donné encore ce calvaire
de revoir ce village où j’avais tant souffert,
ces roses qui saignaient devant le presbytère,
ces lilas qui me tuent dans les tristes parterres.
Je me suis souvenu de ma détresse ancienne,
et je ne sais comment je ne suis pas tombé
sur l’ocre du sentier, le front dans la poussière.
Plus rien. Je n’ai plus rien, plus rien qui me soutienne.
Pourquoi fait-il si beau et pourquoi suis-je né ?
J’aurais voulu poser sur vos calmes genoux
la fatigue qui rompt mon âme qui se couche
ainsi qu’une pauvresse au fossé de la route.
Dormir. Pouvoir dormir. Dormir à tout jamais
sous les averses bleues, sous les tonnerres frais.
Ne plus sentir. Ne plus savoir votre existence.
Ne plus voir cet azur engloutir ces coteaux
dans ce vertige bleu qui mêle l’air à l’eau,
ni ce vide où je cherche en vain votre présence.
Il me semble sentir pleurer au fond de moi,
d’un lourd sanglot muet, quelqu’un qui n’est pas là.
J’écris. Et la campagne est sonore de joie.
On entend les clochers qui appellent aux vêpres,
et les grillons chanter l’heureuse paix champêtre.
On voit à l’intérieur pâle des métairies
les chapeaux de travail dormir près des tamis.
 
... Elle était descendue au bas de la prairie,
et comme la prairie était toute fleurie...
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Ρеllеrin : Lа Ρеtitе Βеrgèrе

Hоuvillе : Οffrаndе funérаirе

Μоntrеuil : Lеs Rêvеs mоrts

Rоllinаt : Lа Ρеtitе Sоuris

Τоulеt : «Се n’еst pаs drôlе dе mоurir...»

Rimbаud : Соntе

Τоulеt : «Се n’еst pаs drôlе dе mоurir...»

☆ ☆ ☆ ☆

Gеоrgin : Τristеssе аu bоrd dе l’еаu

Hауеm-Grеgh : Ιnvосаtiоn

Βеrtrаnd : Jеаn dе Τillеs

Βruаnt : Grеlоttеuх

Ρаillеttе : Lе Rеssаutеur

Jаmmеs : «Εllе аvаit еmpоrté dеs brаsséеs dе lilаs...»

Sаint-Ρоl-Rоuх : Lа Jоurnéе prоvеnçаlе

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Quеllе grаndеur rеnd l’hоmmе vénérаblе ?...» (Lаbé)

De Сосhоnfuсius sur Lа Flеur d’Αdоnis (Μаllеvillе)

De Сосhоnfuсius sur Ρаris vаissеаu dе сhаrgе (Ρéguу)

De Jаdis sur Lа Βеrgе (Μérаt)

De Сurаrе- sur «Μаdаmе, се mаtin је vоus оffrе unе flеur...» (Lа Rоquе)

De Соnсоurs Lépinе sur L’Égоïstе (Sсhwоb)

De Jаdis sur Lа Μоrt еt lе Μаlhеurеuх. Lа Μоrt еt lе Βûсhеrоn (Lа Fоntаinе)

De Τhundеrbird sur «Dе vоir mignоn du Rоi un соurtisаn hоnnêtе...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur Sоnnеt : «Ιgnоrаntе оu plutôt dédаignеusе dеs mаuх...» (Сrоs)

De Αntigrippе sur Lа Τоrсhе (Νizеt)

De Ιо Kаnааn sur Lа Ρiеuvrе (Sаtiе)

De Сurаrе- sur Sоlliсitudеs (Frаnс-Νоhаin)

De Μоdо sur Lеs Ιngénus (Vеrlаinе)

De Jаdis sur Αutrе sоnnеt sur lе mêmе vоl (Sаint-Αmаnt)

De JR Τrоll sur Éléphаnt dе Ρаris. (Τоulеt)

De Xiаn sur «Si сеlui qui s’аpprêtе à fаirе un lоng vоуаgе...» (Du Βеllау)

De Xiаn sur Sоnnеt : «Dеuх sоnnеts pаrtаgеnt lа villе...» (Соrnеillе)

De Xiаn sur Vеrs imprоvisés sur un аlbum (Lаmаrtinе)

De Сhristiаn sur Lе Βаtеаu ivrе (Rimbаud)

De Μоnrоsе sur «Lа nudité dеs flеurs с’еst lеur оdеur сhаrnеllе...» (Αpоllinаirе)

De FΕDΕRΜΑΝΝ sur Lа Guеrrе (Sаint-Ρоl-Rоuх)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе