Hugo

Les Contemplations (II), 1856


             
II
Au fils d’un poète


 
Enfant, laisse aux mers inquiètes
Le naufragé, tribun ou roi ;
Laisse s’en aller les poètes !
La poésie est près de toi.
 
Elle t’échauffe, elle t’inspire,
Ô cher enfant, doux alcyon,
Car ta mère en est le sourire,
Et ton père en est le rayon.
 
Les yeux en pleurs, tu me demandes
Où je vais, et pourquoi je pars.
Je n’en sais rien ; les mers sont grandes ;
L’exil s’ouvre de toutes parts.
 
Ce que Dieu nous donne, il nous l’ôte.
Adieu, patrie ! adieu, Sion !
Le proscrit n’est pas même un hôte,
Enfant, c’est une vision.
 
Il entre, il s’assied, puis se lève,
Reprend son bâton et s’en va.
Sa vie erre de grève en grève
Sous le souffle de Jéhovah.
 
Il fuit sur les vagues profondes,
Sans repos, toujours en avant.
Qu’importe ce qu’en font les ondes !
Qu’importe ce qu’en fait le vent !
 
Garde, enfant, dans ta jeune tête
Ce souvenir mystérieux,
Tu l’as vu dans une tempête
Passer comme l’éclair des cieux.
 
Son âme aux chocs habituée
Traversait l’orage et le bruit.
D’où sortait-il ? De la nuée.
Où s’enfonçait-il ? Dans la nuit.
 

Bruxelles, juillet 1852.

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 14 juillet 2016 à 17h27

Ambiphants
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De quel trésor sont-ils en quête,
Trésor d’archevêque ou de roi ?
Cherchent-ils, comme les poètes,
Le bonheur sous un humble toit ?

Un blanc papillon les inspire,
Une sirène, un alcyon,
Un petit troll les fait sourire,
Une fleur captant un rayon.

Toi qui me lis, ne me demande
Pas vers où ce beau troupeau part,
Puisque mon ignorance est grande,
Sans le moindre mot de leur part.

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