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Les Trophées, 1893


La Centauresse


 
Jadis, à travers bois, rocs, torrents et vallons,
Errait le fier troupeau des Centaures sans nombre ;
Sur leurs flancs le soleil se jouait avec l’ombre ;
Ils mêlaient leurs crins noirs parmi nos cheveux blonds.
 
L’été fleurit en vain l’herbe. Nous la foulons
Seules. L’antre est désert que la broussaille encombre ;
Et parfois je me prends, dans la nuit chaude et sombre,
À frémir à l’appel lointain des étalons.
 
Car la race de jour en jour diminuée
Des fils prodigieux qu’engendra la Nuée,
Nous délaisse et poursuit la Femme éperdument.
 
C’est que leur amour même aux brutes nous ravale ;
Le cri qu’il nous arrache est un hennissement,
Et leur désir en nous n’étreint que la cavale.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 1er février 2013 à 16h32

J’ai parfois l’impression d’être un double élément :
Humain et animal comme le Minotaure
Qui reste au labyrinthe en son égarement,
Ou comme en promenade un perplexe centaure
Ne sait s’il aime Ariane, ou alors, sa jument.

(...)

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 28 octobre 2018 à 18h24

Goupil de proie
------

Le goupil part en chasse au travers des vallons,
Dévorant des poussins et des perdrix sans nombre ;
Il est craint des oiseaux, ce prédateur de l’ombre,
Et n’a jamais séduit de petit prince blond.

Une vipère, en vain, veut mordre son talon;
Le chanceux carnassier s’en tire sans encombre,
Et parcourt à nouveau, dans la nuit chaude et sombre,
L’interminable plaine, aimée des étalons.

Par l’âge sa vigueur n’est pas diminuée,
Son fier esprit n’est pas perdu dans les nuées,
Mais toujours il poursuit la poule éperdument..

Le coq, en le voyant, son bel honneur ravale ;
Affronter l’adversaire, il n’y tient nullement,
Il n’est pas le plus fort, alors il se cavale.

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