Adolphe Hardy


Retraite


 
Écoute. Ce serait là, non loin du chemin,
Une maison rustique, au fond d’un grand jardin,
Blanche, avec une vigne accrochée aux persiennes,
Et basse à la façon das demeures anciennes. —
Ni château, ni chaumière, — où je puisse, à midi,
À l’ombre d’un vieux frêne en ombrelle arrondi,
Respirer près de toi la bonne odeur des roses.
Un « chez soi » fort coquet, d’ailleurs, sans trop de choses,
Où l’on se sentirait à l’aise, en arrivant.
On aurait ton petit boudoir sur le devant ;
Puis, la salle-à-manger très simple, en boiseries,
Avec deux grands bahuts pleins d’assiettes fleuries
Derrière, la terrasse, entre de blonds sureaux,
Où, les nids se louant peur rien, des tas d’oiseaux
Viendraient tenir ménage et, bohèmes fantasques,
De l’aurore à la nuit, nous susurrer leurs frasques.
Au fond du corridor, l’escalier grimperait
Sous des fleurs, à l’étage unique où l’on verrait,
D’un joli salon clair aux tentures de perse,
Des amoureux chercher des chemins de traverse.
C’est là qu’on se tiendrait, d’ordinaire, l’été,
Et que les bons amis viendraient prendre le thé,
Sur le balconnet suisse, au tomber de la brune.
Et ce serait charmant de regarder la lune
Pousser sa corne jaune entre deux toits, au loin,
Tandis qu’au piano sombre et caché dans un coin,
Tes frêles doigts d’enfant, doux et mélancoliques,
Nous improviseraient de très-lentes musiques...
Et nous nous laisserions vivre ainsi simplement,
Loin du monde et du bruit, sans haine ni tournent,
En songeant que la fleur du bonheur tant rèvèe
Nos deux cœurs, sans bsaucoup chercher, l’auraient trouvée,
Et que, tant que l’amnur est là pour nous charmer,
Il n’est rien de meilleur, ici-bas, que d’aimer !
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Hаrаuсоurt : Αu tеmps dеs féеs

☆ ☆ ☆ ☆
Cоmmеntaires récеnts

De Сhristiаn sur Соntrе Ligurinus : «Τоut lе mоndе tе fuit...» (Dubоs)

De Jаdis sur Αprès lа сlаssе (Hаrdу)

De Βас mаrсеl sur Lеs Gеnêts (Fаbié)

De Frаnçоis С. sur «Lе viеrgе, lе vivасе еt lе bеl аuјоurd’hui...» (Μаllаrmé)

De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu)

De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt)

De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé)

De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе)

De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn)

De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz