Isaac Habert



J’ai cette nuit goûté les plus douces douceurs
Du breuvage des dieux, de la manne prisée,
Du miel, du sucre doux, de la douce rosée,
Que l’aube en larmoyant répand dessus les fleurs.
 
Sur le point que la nuit retire ses horreurs
Pour faire plate au jour, j’ai ma lèvre posée
Sur la lèvre vermeille, où mon âme embrasée
Avec Amour humait mille douces liqueurs.
 
Songeant, il me semblait qu’Amour dessus ta bouche,
Digne tant seulement que l’Amour même y touche,
Amoureux s’en allait, ta lèvre suçotant,
 
Puis saoulé de douceur, faisait place à mon âme.
Ô Songe bienheureux, s’il durait tout autant
Que dure mon amour, mon tourment et ma flamme !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 2 mars 2021 à 12h35

Aigle-thon serein
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La lourde créature atterrit en douceur,
Du fait que sa portance est sagement dosée ;
C’est l’aigle-thon des monts, le buveur de rosée
Qui point n’est prédateur, mais juste un peu farceur.

Du profond inframonde il connaît la noirceur
Qui parfois en splendeur est métamorphosée ;
Son âme en de tels lieux n’est pas décomposée,
Il y entre en en sort comme un subtil passeur.

Il va dans l’antimonde où les miroirs débouchent ;
Tu ne l’y verras pas faire la fine bouche,
Dès qu’il lit « mangez-moi » il en est bien content.

En hiver le dragon le chauffe de sa flamme,
Ça lui ravit le coeur, ça lui conforte l’âme,
Ça l’emplit d’un bonheur qui peut durer longtemps.

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Déposé par Ada le 3 mars 2021 à 23h23

Sur cette photo d’un ciel de noirceur,
Flotte une nue seule et surexposée ;
Le style est ardent, l’intention osée,
De l’art, même pour les non-connaisseurs.

Cette autre image est remplie de douceur,
Nettetés et flous, profondeur dosée,
L’oeil suit une voie jamais reposée,
Un fort potentiel pour les rêvasseurs.

C’est si fascinant, la vie que l’on touche,
Avec le nez sur un gros plan de mouche,
Aux détails géants, l’esprit sursautant.

Et puis un beau jour, sous des kilogrammes
De papiers divers, se rappelle à l’âme
Un portrait raté, plaisant tout autant.

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Photo d'après : Hans Stieglitz