Émile Goudeau


Le Clown de l’ironie



Brillamment, tout le jour, il avait combattu
Pour ses rêves, pour ses espoirs, pour ses idées,
Lançant, audacieux, ses forces débridées
À l’assaut du bonheur, cet assiégé têtu.
 
Les assistants disaient : « Ce lutteur est vêtu
D’ironie et de grâce et, par larges bordées,
Le rire éclate aux coins de ses lèvres fardées :
On ne l’a jamais vu ni las, ni courbatu. »

Le soir, il salua debout la galerie,
Clown élégant qui veut qu’au Public on sourie,
Puis, pour aller dormir un peu se retira.

Dans le logis hanté du spleen et des migraines,
Il lorgna vaguement les étoiles sereines.
Et, quand il eut fermé sa fenêtre, il pleura...
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 mai 2013 à 17h30


L’homme, pour subsister, a jadis combattu
La faune, utilisant pour armes ses idées.
Même, ses inventions, quelquefois débridées,
Ont pu mettre en danger ce citoyen têtu.

Nu qu’il était jadis, le voilà bien vêtu,
Puis voilà sa raison bien ferme et bien guidée,
Qui rarement se voit par l’ombre intimidée :
Cela fait si longtemps qu’elle en a débattu.

Même, on sait abreuver de mots la galerie,
Car tout ce qui fait peur, il faut que l’on en rie
(Et mieux rira celui qui le dernier rira).

Elle est bien là pourtant, l’angoisse souterraine ;
Mais nous lui opposons la poésie sereine
Qui autant fleurira que la vie durera.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 28 juin 2019 à 17h02

Cheval de garnison
---------------

Certes, son régiment n’a jamais combattu,
Ni pour le sol natal, ni pour quelques idées ;
Mais en rêve, souvent, son âme débridée
Affronte un ennemi, mais lequel? le sais-tu?

Je peux imaginer qu’il est de fer vêtu,
Que son âme perverse est vers le mal guidée,
Dont celle du coursier n’est pas intimidée,
C’est un vaillant cheval, c’est un héros têtu.

Ces couplets ne sont pas de vaine moquerie ;
De ce fier animal, personne ne s’en rie,
Qui sur un champ d’honneur, peut-être, périra,

Ou pour les grands yeux noirs de la charmante reine
Qui près de l’écurie chante à voix de sirène ;
Ou encore, autrement : l’avenir le dira.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 11 avril 2020 à 12h27

Cheval du roi Richard
----------

Mon maître a, bien que roi, lui-même combattu ;
Je crois qu’il en vint à mourir pour des idées,
Ou peut-être pour fuir l’amante débridée
Qui lui disait «Mon roi, pourquoi donc t’en vas-tu?»

Il aima mieux de fer que d’or être vêtu,
La troupe par sa main fut fermement guidée ;
D’ailleurs, l’armée adverse en fut intimidée,
Sauf le vaillant Guillaume, un nobliau têtu.

Lançant aux ennemis de rudes moqueries,
Il s’en fut à l’attaque avec sa confrérie ;
Plus d’un noble vassal en ce jour périra.

Un page avertira la maîtresse et la reine
De la fin du héros dans la sanglante arène,
Un barde, bien plus tard, quelques vers chantera.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 3 mars 2024 à 12h10

Oiseau qui rit
------------

D’un sobre plumage vêtu,
J’ai de remarquables idées ;
De ma cervelle débridée
Sortent des trésors. En veux-tu ?

Par des jeux de mots rebattus
Est mon âme bien déridée ;
Ou par de grands auteurs guidée,
Ou par Kéraban le têtu.

Je suis l’oiseau des moqueries,
Le plus vif de ma confrérie ;
Celui qui rit et qui rira.

Jadis, pour séduire une reine,
Je m’exhibais dans une arène ;
Pour être invité sous ses draps.

[Lien vers ce commentaire]

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