Gilles Durant de la Bergerie



 
Un soir, le long de l’eau, elle marchait pensive,
Ayant les bras croisés et le voile baissé :
Le pré dessous ses pas était tout tapissé
De mille belles fleurs qui peinturaient la rive.
 
La voyant ainsi seule à soi-même attentive,
D’une soudaine peur mon sang devint glacé :
En terre, au ciel, sur l’eau la vue je dressai,
Et de tous les côtés mon âme était craintive.
 
Tout me faisait soupçon : les zéphyrs m’étonnaient,
Le Cygne et le Taureau toujours me revenaient,
Mais le pauvre Narcis m’effraya davantage,
 
Qui la voyant passer lui dit en soupirant :
« Belle, garde le bord ; si tu te vas mirant
Tu pourras comme nous embellir ce rivage. »
 

Commentaire (s)
Déposé par julien le 15 février 2012 à 19h22

nostalgie printanière

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Déposé par Cochonfucius le 3 mai 2013 à 16h21

Piaf-Tonnerre a rejoint la rivière pensive
Et son regard vers l’onde il conserve baissé,
De rêves incertains son coeur est tapissé,
Qu’il évoque en silence alors qu’il suit la rive.

Son âme est souvent seule à soi-même attentive,
Mais son esprit n’est point ralenti, ni glacé :
Car il médite ainsi, sans pouvoir se lasser
Ni produire en son coeur des ondes négatives.

Les caprices de l’eau jamais ne le surprennent,
Ils peuvent survenir sans qu’il ne s’y méprenne,
Ces mirages subtils sont ceux qu’il aime voir.

Sur le soir, il observe un ondin qui propose
Le thème d’un sonnet ou d’une page en prose
À son propre reflet dans ce mouvant miroir.

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