Théophile Gautier

España, 1845


Le Pin des Landes


 
On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes
D’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,
 
Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L’homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu’aux dépens de ceux qu’il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !
 
Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.
 
Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu’il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d’or !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 5 juillet 2013 à 10h23

Pour ce barde, le monde est une île déserte
Entourée d’une plage au sable toujours blanc,
Couverte d’une jungle aux feuilles toujours vertes,
Sommée d’une montagne aux infertiles flancs.

Le barde, enivré par l’odeur de la résine,
Versifie à propos de la création,
Insultant le destin d’une phrase assassine,
Ne sachant s’arrêter au bout de son sillon.

À la source coulant près de lui goutte à goutte,
Il préfère le vin, comme il dit, pour la route,
Et dit ses dernier vers d’une voix de stentor.

Comme une île déserte il a traité ce monde,
Il tient très fort à toi, solitude profonde,
Au point de t’appeler son unique trésor.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 septembre 2022 à 09h42

Dans ma friche
---------

Je suis l’hôte discret d’une prairie déserte,
Je m’installe, rêveur, sous un nuage blanc ;
J’ai perdu toute idée de profit ou de perte,
Je vais sans me presser, je n’applique aucun plan.

Je laisse de côté ce qui me déconcerte,
Pourquoi  m’y arrêter, je n’en ai pas le temps...
Je n’ai jamais été de ces gens qui dissertent,
Je ne me pris jamais pour un homme important.

Je ne fais presque rien, je regarde et j’écoute
Et je ne tente point de dissiper mes doutes ;
Je crois avoir compris que le silence est d’or.

Comme tout un chacun, je quitterai ce monde,
Ne sombre pas alors dans la peine profonde,
Je sais, dès aujourd’hui,que fragile est mon corps.

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