Théophile Gautier

La Comédie de la Mort, 1838


Destinée


 
Comme la vie est faite ! et que le train du monde
Nous pousse aveuglément en des chemins divers !
Pareil au Juif maudit, l’un, par tout l’univers,
Promène sans repos sa course vagabonde ;
 
L’autre, vrai docteur Faust, baigné d’ombre profonde,
Auprès de sa croisée étroite, à carreaux verts,
Poursuit de son fauteuil quelques rêves amers,
Et dans l’âme sans fond laisse filer la sonde.
 
Eh bien ! celui qui court sur la terre était né
Pour vivre au coin du feu ; le foyer, la famille,
C’était son vœu ; mais Dieu ne l’a pas couronné.
 
Et l’autre, qui n’a vu du ciel que ce qui brille
Par le trou du volet, était le voyageur.
Ils ont passé tous deux à côté du bonheur.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 11 juin 2014 à 11h26

Cosinus et Fenouillard
----------------------------

Agénor Fenouillard a traversé le monde
Dans des bateaux, des trains et des vaisseaux divers ;
Lui, ses filles, sa femme, en ce vaste univers,
Les voilà parcourant une voie vagabonde.

Cosinus, vrai matheux aux intuitions profondes,
Pour sortir de Paris n’a point eu le feu vert ;
Il n’a gravi nul mont, exploré nulle mer
Et ne connaîtra point les Îles de la Sonde.

Fenouillard, mon ami, tu étais pourtant né
Pour demeurer, paisible, au sein de ta famille,
Non pour excursionner ainsi qu’un forcené ;

Cosinus, mon héros, comme inventeur tu brilles ;
Mais ta vie ne fut point celle d’un voyageur.

L’auteur de vos destins est un sacré farceur !

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par tizef le 24 avril 2015 à 16h22

Un coup de chapeau à ce pastiche que je trouve meilleur que le poème d’origine.
En particulier  pour la pointe, mais pas que.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 25 mai 2019 à 12h35

Oiseau-Ferrant
------------------

Le maréchal-ferrant le plus habile au monde
Est ce petit oiseau que des auteurs divers
Nous ont jadis décrit, qui parcourt l’univers
Pour parer les sabots des juments vagabondes.

Traversant le village et la forêt profonde,
N’interrompant ses pas que pour battre le fer,
Il ne craignit jamais de traverser la mer
Pour gagner les terroirs où les chevaux abondent.

Or, c’est d’oiseaux normaux, cependant, qu’il est né ;
Jamais de forgeron dans sa vaste famille
Dont il fut le premier artisan forcené.

La pie est attirée par le métal qui brille
Et d’autres emplumés sont de grands voyageurs ;
Il fut seul à choisir cet étrange labeur.

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