Paul Fort(1872-1960) D’autrеs pоèmеs :Lа Соmplаintе du pеtit сhеvаl blаnс оu еncоrе :Соnvоi dе Ρаul Vеrlаinе аprès un tоurbillоn dе nеigе
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Paul FortParis sentimental ou Le roman de nos vingt ans, 1902
(Square Monge)
Ivresse du printemps ! et le gazon tourne autour de la statue de Voltaire. — Ah ! vraiment, c’est un beau vert, c’est très joli, le Square Monge : herbe verte, grille et bancs verts, gardien vert, c’est, quand j’y songe, un beau coin de l’univers — Ivresse du printemps ! et le gazon tourne autour de la statue de Voltaire.
Et c’est plein d’oiseaux dans les arbres pâles où le ciel ouvre ses fleurs bleues. — Les pigeons s’aiment d’amour tendre. Les moineaux remuent leur queue. J’attends... Oh ! je suis heureux, dans ce délice de l’attendre. Je suis gai, fou, amoureux ! — et c’est plein d’oiseaux dans les arbres pâles, où le ciel ouvre ses fleurs bleues.
Je monte sur les bancs couleur d’espérance, ou bien je fais de l’équilibre... sur les arceaux du parterre, devant la statue de Voltaire. Vive tout ! Vive moi ! Vive la France ! Il n’est rien que je n’espère. J’ai les ailes de l’espérance. — Je monte sur les bancs pour quitter la terre, ou bien je fais de l’équilibre.
Elle a dit une heure : il n’est que midi ! Aux amoureux l’heure est brève. — L’oiseau chante, le soleil rêve. Chaque fois qu’Adam rencontre Ève, il leur faut un paradis. Derrière la grille, au soleil, l’omnibus y pense engourdi. — Elle a dit : une heure, il n’est que midi ! Aux amoureux l’heure est brève. Devant la statue, un chat blanc, un jaune, — et le jaune, c’est une chatte ! — roulent, s’éboulent sur le gazon chaud, se montrent les pattes, miaulent, se battent. Le soleil étire doucement ton sourire, ô mon doux Voltaire, ô bon faune. — Devant ta statue, un chat blanc, un jaune, roulent, se montrent les pattes.
Les arbres s’enfeuillent au chant des oiseaux. Le bourgeon de mon cœur éclate ! — Et je vacille rien qu’à voir les diamants de l’arrosoir envelopper l’herbe d’une bruine. Un arc-en-ciel part de l’échine du philosophe, et va trembler dans les branches d’un marronnier. — Les arbres s’enfeuillent au chant des oiseaux. Le bourgeon de mon cœur éclate !
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