Paul Fort

L’Alouette, 1917


Le Vieux Mendiant

J’ai vu de bonnes gens, j’ai vu de saintes gens, mais je n’ai jamais vu mon chapeau plein d’argent.

 

Il tremble tout crasseux devant ma mine grise... Une gargouille en vie est tombée de l’église ?

 

Je grogne. Ô jeune enfant, ton sou neuf me désarme. Pardon, si j’ai la gueule argentée de mes larmes.

 

J’en ai pourtant compris, estimé, vu des choses, hommes-loups, femmes-chiens et la neige et les roses.

 

Aux socs de mes pieds nus raboteurs des ornières, j’ai vu par grands copeaux se lever la poussière.

 

J’ai vu la fée un jour au bord de mes vingt ans, et de l’avoir vu fuir je pleure en mon vieux temps.

 

Que de fois j’aurai vu — tendresse de mon cœur ! — la flamme du fusil abattre un lièvre en fleur.

 

Hôte de ces bois noirs, souvent j’ai vu l’orage nous balayer le ciel d’un balai de feuillage.

 

Ah ! tout ce que j’ai vu ! J’ai vu pendant nos guerres saint Michel éclaireur de Jeanne la Guerrière.

 

Il la baisait au front, torche haute en avant. J’ai vu bien des guirlandes d’Amours dans le vent.

 

Hier j’ai vu, c’était la Sainte-Niquedouille, à travers l’arc-en-ciel, l’averse des grenouilles.

 

Mais je n’ai jamais vu — pieuses bonnes gens — non, je n’ai jamais vu mon chapeau plein d’argent.


©  

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 11 mars 2015 à 09h55

Clown dans les feuillages
----------------------------

Je ris près du chemin pour amuser les gens,
Ah ! mais non, ça n’est pas pour gagner de l’argent.
Je ris pour dérider ceux qui vont à l’église,
Et qu’ils oublient ainsi que leur âme est bien grise.

Que sert-il de penser que l’on n’a plus vingt ans,
Et que l’on ne rira guère fort ni longtemps ?
Car nul ne peut, sans fin, se blottir dans ses larmes,
Et meux vaut savourer le rire qui désarme.

Apprenez ce métier ! Faites rire ! En avant
Pour le grand festival des bouffons dans le vent,
Dans l’averse de mars, sous les cieux qui se brouillent,
Au pied de l’arc-en-ciel, où chantent les grenouilles.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 11 mars 2015 à 16h23

Dernière ligne du deuxième quatrain :

"Et mieux vaut"

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Hugо : «Jеunеs gеns, prеnеz gаrdе аuх сhоsеs quе vоus ditеs...»

Саmillе Μаuсlаir

Βruаnt : Fins dе sièсlе

Dеlillе : Lе Соin du fеu

Lаfоrguе : Dаns lа ruе

Sаtiе : Lе Τrаînеаu

Τаilhаdе : Ιnitiаtiоn

Du Βеllау : «Νоuvеаu vеnu, qui сhеrсhеs Rоmе еn Rоmе...»

Μilоsz : «Sur mа guitаrе dоnt lеs ассоrds...»

Βruаnt : Lеs Lоupiоts

☆ ☆ ☆ ☆

Du Βеllау : «Μаudit sоit millе fоis lе Βоrgnе dе Libуе...»

Hugо : Répоnsе à un асtе d’ассusаtiоn

Βruаnt : Fins dе sièсlе

Gréсоurt : Lе biеn viеnt еn dоrmаnt

Vitré : «Μоn âmе еst un rоsеаu fаiblе, sес еt stérilе...»

Hugо : À dеs оisеаuх еnvоlés

Diеrх : Εn сhеmin

Rоllinаt : Lа Сhаnsоn dеs Αmоurеusеs

Сrоs : Sоir

Βеаumаrсhаis : Αu bаs dеs stаtuеs dе Ρlаtоn еt dе l’еsсlаvе Сimbаlеnо

Cоmmеntaires récеnts

De Jаdis sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur Lе Ρаrеssеuх (Sаint-Αmаnt)

De Jаdis sur Lа Сhаnsоn dеs Αmоurеusеs (Rоllinаt)

De Lеmiеuх Sеrgе sur «Vоtrе rirе еst éсlаtаnt...» (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Сосhоnfuсius sur Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés (Μаrbеuf)

De Сurаrе- sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Jаdis sur «Vоus sоuviеnt-il dе l’аubеrgе...» (Τоulеt)

De Сосhоnfuсius sur Εugéniе dе Guérin (Αutrаn)

De Сhristiаn sur Rêvеriе sur tа vеnuе (Αpоllinаirе)

De Diсkо rimеur sur «Jе rêvе dе vеrs dоuх еt d’intimеs rаmаgеs...» (Sаmаin)

De Νаguèrе sur «Sеs purs оnglеs très hаut dédiаnt lеur оnух...» (Μаllаrmé)

De Vinсеnt sur «Ô qu’hеurеuх еst сеlui qui pеut pаssеr sоn âgе...» (Du Βеllау)

De Εsprit dе сеllе sur Сhаnsоn (Οmbrе du bоis) (Lоuÿs)

De Αlbеrtus sur Сhаnsоn : «Ô biеnhеurеuх qui pеut pаssеr sа viе...» (Dеspоrtеs)

De mаl еntеndеur sur Sоnnеt à Μаdаmе Μ.Ν. : «Quаnd, pаr un јоur dе pluiе, un оisеаu dе pаssаgе...» (Μussеt)

De Μеillеur trаduсtеur sur Lе Βоis аmiсаl (Vаlérу)

De Vinсеnt sur «Αfin quе pоur јаmаis...» (Βаïf)

De Εsprit dе сеllе sur «Ô Τоi qui аs еt pоur mèrе еt pоur pèrе...» (Jоdеllе)

De Сurаrе- sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

De Τоurniсоti-tоurniсоt sur Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir (Rimbаud)

De аrаmis sur Lа Βеllе Guеusе (Τristаn L'Hеrmitе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе