Léon Deubel

(1879-1913)

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Léon Deubel


Ma souffrance


 
Ma souffrance n’est pas de celles qu’on diffame
Ni de celles que trompe un facile plaisir ;
Elle a le front de ceux qui vivent sans désir
Et ne s’endort jamais sur l’épaule des femmes.
 
L’orgueil qui la nourrit sans cesse de sa flamme
Et fait luire à ses yeux tous les trésors d’Ophir
L’exalte à des sommets pénibles à gravir
Qui menace l’azur natal qu’elle réclame.
 
Mais les plus fiers essors sont captifs de Demain,
Et farouche, impuissant et cruel, de ces mains
Frémissantes encor d’avoir tenu la Lyre,
 
J’offre au ciel fulgurant qui châtia Sodome,
Et voua Prométhée à l’éternel martyre,
L’invincible douleur de ne rester qu’un homme.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 3 avril 2020 à 13h43

Son absence
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Malheur, calamité, mésaventure et drame !
Immense est ma douleur, et grand mon déplaisir.
Sur mon divan fané, je sanglote à loisir :
L’avenir est sinistre, et mon sort est infâme.

Jour et nuit, sans répit, je fourrage et je rame :
Où donc est ce paquet de raisins secs d’Izmir ?
Que sa disparition, hélas, me fait souffrir !
Ma bouche implore en vain ce que mon cœur réclame.

J’ai, douze fois déjà, soumis à examen
Mes buffets, mes tiroirs — un travail de Romain !
L’objet reste introuvable et hante mon délire.

Se tapirait-il donc sous le Deutéronome ?
Mais ce volume n’a vraiment rien qui m’attire :
En un mot comme en cent, le Livre saint m’assomme.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 8 janvier 2022 à 12h44

Manoir ordinaire
----------

Nous sommes six reclus, trois hommes et trois femmes,
Et jamais nous n’avons abusé des plaisirs ;
Calmes sont nos propos, faibles sont nos désirs,
On ne voit en nos coeurs que de modestes flammes.

Nous sommes paresseux, que nul ne nous en blâme,
Plusieurs de nos matins se passent à dormir ;
Parfois même, en plein jour, je le dis sans frémir,
Nous restons au salon sans en foutre une rame.

Ensemble du déclin nous prenons le chemin,
L’âge nous affaiblit, comme tous les humains ;
Nous ne nous plaignons pas, ça pourrait être pire.

Nous resterons ainsi, trois femmes et trois hommes,
Toujours indifférents aux troubles de l’Empire ;
Et pas trop mécontents d’être ce que nous sommes.

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