Philippe Desportes



Que servirait nier chose si reconnue ?
Je l’avoue, il est vrai, mon amour diminue,
Non pour objet nouveau qui me donne la loi,
Mais c’est que vos façons sont trop froides pour moi.
Vous avez trop d’égard, de conseil de sagesse,
Mon humeur n’est pas propre à si tiède maîtresse.
Je suis impatient, aveugle et furieux.
Pour aimer comme moi, trop clairs sont vos beaux yeux.
Toute chose vous trouble et vous rend éperdue,
Une vaine rumeur sans sujet épandue,
Le regard d’un passant, le caquet d’un voisin,
Quelque parent de loin, un beau-frère, un cousin,
De mille étonnements laissent votre âme atteinte.
Vos femmes seulement vous font pâlir de crainte,
Et quand de mes travaux j’attends quelque loyer,
Le temps en ces frayeurs se voit tout employer !
D’une flèche trop mousse Amour vous a blessée,
Il faut à mes fureurs quelque amante insensée,
Qui mourant chacun jour me livre cent trépas,
Qui m’ôte la raison, le somme et le repas,
Qui craigne de me perdre, et qui me fasse craindre,
Qui toujours se complaigne, ou qui m’écoute plaindre,
Qui se jette aux dangers et qui m’y jette aussi,
Qui transisse en l’absence, et que j’en sois ainsi,
Qui m’occupe du tout, que tout je la retienne,
Et qu’un même penser notre esprit entretienne :
Voilà les passetemps que je cherche en aimant,
J’aime mieux n’aimer point que d’aimer tièdement...
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Εlskаmp : «J’аi tristе d’unе villе еn bоis...»

Frаnсе : Sоnnеt : «Εllе а dеs уеuх d’асiеr ; sеs сhеvеuх nоirs еt lоurds...»

Rасаn : Stаnсеs sur lа rеtrаitе

Rасаn : Stаnсеs sur lа rеtrаitе

Rimbаud : Sоlеil еt сhаir

Jеаn Dоminiquе

Αpоllinаirе : «Μоn аiméе аdоréе аvаnt quе је m’еn аillе...»

Βаudеlаirе : Lе Μоrt јоуеuх

☆ ☆ ☆ ☆

Νоuvеаu : Εn fоrêt

Viviеn : Sоnnеt : «J’аimе lа bоuе humidе еt tristе оù sе rеflètе...»

Vеrhаеrеn : Lе Ρаssеur d’еаu

Hugо : Lа Сhаnsоn d’Hасquоil lе mаrin

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt : «Un livrе n’аurаit pаs suffi...» (Ρrivаt d'Αnglеmоnt)

De Сосhоnfuсius sur Lеs Étоilеs blеuеs (Rоllinаt)

De Τrуphоn Τоurnеsоl sur À unе mуstériеusе (Rоllinаt)

De Сосhоnfuсius sur À Ιris, qui mаngеаit оrdinаirеmеnt dеs flеurs (Lе Ρауs)

De Сurаrе- sur L’Αngе (Lоuÿs)

De Αlbаtrосе sur «Dоuсе plаgе оù nаquit mоn âmе...» (Τоulеt)

De Τhundеrbird sur Unе flаmmе (Соrаn)

De Ιо Kаnааn sur Sur lа Сrоiх dе nоtrе Sеignеur — Sа Саusе (Drеlinсоurt)

De Сurаrе- sur À Μ. Α. Τ. : «Αinsi, mоn сhеr аmi, vоus аllеz dоnс pаrtir !...» (Μussеt)

De Gеf sur Villеs : «Се sоnt dеs villеs !...» (Rimbаud)

De Jаdis sur Τаblеаu (Сrоs)

De Βibоsаurе sur À Αlf. Τ. : «Qu’il еst dоuх d’êtrе аu mоndе, еt quеl biеn quе lа viе !...» (Μussеt)

De Βоurg sur «Lоngtеmps si ј’аi dеmеuré sеul...» (Τоulеt)

De nоn sur Vеrlаinе

De Jаdis sur Épigrаmmе d’аmоur sur sоn nоm (Αubеspinе)

De Jаdis sur Un hоmmе (Fоurеst)

De Сurаrе- sur Lеs Rеmоrds (Lоuÿs)

De Ιsis Μusе sur Lа grоssе dаmе сhаntе... (Ρеllеrin)

De Dаmе dе flаmmе sur Сhаnsоn dе lа mélаnсоliе (Fоrt)

De Μiсhеl sur L’Hоrlоgе : «Lеs Сhinоis vоiеnt l’hеurе dаns l’œil dеs сhаts...» (Βаudеlаirе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе