Philippe Desportes

Diverses amours, 1583



 
C’était un jour d’été de rayons éclairci,
J’en ai toujours au cœur la souvenance empreinte,
Quand le ciel nous lia d’une si ferme étreinte
Que la mort ne saurait nous séparer d’ainsi.
 
L’an était en sa force et notre amour aussi,
Nous faisions l’un à l’autre une aimable complainte,
J’étais jaloux de vous, de moi vous aviez crainte,
Mais rien qu’affection ne causait ce souci.
 
Amours, qui voletiez à l’entour de nos flammes
Comme gais papillons, où sont deux autres âmes
Qui redoutent si peu les efforts envieux ?
 
Où la foi soit si ferme ? où tant d’amour s’assemble ?
N’ayant qu’un seul vouloir, toujours d’accord ensemble,
Fors qu’ils se font la guerre à qui s’aimera mieux !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 15 novembre 2014 à 11h25

Vision crépusculaire
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Fantômes du passé dans le ciel obscurci,
Chacun semble former d’un nuage l’empreinte ;
Chacun se tord ainsi qu’un amant dans l’étreinte,
Mais rien ne les étreint que le vent, c’est ainsi.

Ils sont de souvenirs et de regrets aussi,
Quel rhapsode en ces lieux chantera leur complainte ?
Ils sont d’air et de vent, n’en ayez nulle crainte,
Ils sont partis bientôt, n’en ayez nul souci.

Le couchant les rougit dans ses vapeurs de flamme ;
Ont-ils un mot à dire, un soupir de leur âme ?
Aucun n’ose troubler le silence des cieux.

On les distingue moins, maintenant, ce me semble ;
La forme de chacun soudain se désassemble,
Le grand ciel étoilé se présente à mes yeux.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par me_alive le 6 mars 2016 à 10h16

je voudrais savoir quand a été écrit ce poème. Merci.

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Déposé par Christian le 6 mars 2016 à 13h37

Vers 1600 on va dire...

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