Tristan Corbière

Les Amours jaunes, 1873


Sonnet de nuit


 
Ô croisée ensommeillée,
Dure à mes trente-six morts !
Vitre en diamant, éraillée
Par mes atroces accords !
 
Herse hérissant rouillée
Tes crocs où je pends et mords !
Oubliette verrouillée
Qui me renferme... dehors !
 
Pour Toi, Bourreau que j’encense,
L’amour n’est donc que vengeance ?...
Ton balcon : gril à braiser ?...
 
Ton col : collier de garotte ?...
Eh bien ! ouvre, Iscariote,
Ton judas pour un baiser !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 19 juin 2015 à 13h41

Danseur hexapode
-----------------

Sa danse est vraiment lente, elle est ensommeillée
Comme le menuet d’un pantin de bois mort ;
Et pour l’accompagner, la musique éraillée
D’un piano vieillissant, qui rate ses accords.

Elle est ainsi, la vie, elle finit, rouillée,
La tartine trop dure à celui qui la mord,
La main qui n’ouvre plus la porte verrouillée,
Le corps qui, frileux, dit : Que ferions-nous, dehors ?

Ainsi le Chat Botté, ne portant plus ses bottes,
Contemplant le jardin, de son regard qui flotte,
Peut rester, tout un jour, blotti sur une chaise ;

Dans un coin du cerveau, ce vieil esprit qui pense,
Qui se perd volontiers dans une remembrance,
Qui réfléchit un peu, puis s’endort, apaisé.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 juin 2015 à 15h20

Fin du premier tercet :

...................................."sur sa chaise posé".

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 octobre 2021 à 12h41

Doigt qui montre un astre
------------

Le Sage a désigné la Lune ensommeillée,
De regarder son doigt le disciple aurait tort ;
Tous deux sont revêtus de robes mal taillées,
Leur établissement ne roule pas sur l’or.

Leur porte grince un peu, la serrure est rouillée,
Une fenêtre laisse entrer le vent du Nord ;
Leur petite maison n’est jamais verrouillée,
Sauf, assez rarement, quand tout le monde sort.

Pour un tonneau de vin, le Maître vend ses bottes,
Même si son breuvage est surtout de la flotte ;
Deux verres devant lui toujours sont disposés.

Qu’a-t-il donc découvert, ce vieil homme qui pense ?
D’une belle trouvaille il n’a point remembrance,
Mais un petit sonnet suffit à l’apaiser.

[Lien vers ce commentaire]

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