François Coppée

Intimités, 1868



L’autre soir, en parlant à cette jeune fille
D’un rien, du chiffon blanc que brodait son aiguille,
Du ruban que parmi ses nattes elle avait,
Vain prétexte pour mieux admirer le duvet
Des petits cheveux blonds frisant près de l’oreille
Et cette ombre, au reflet d’une rose pareille,
Du menton mollement replié sur le cou,
Tout en causant, je fis, dis-je, ce rêve fou :
Que rien n’était charmant comme une demi-teinte,
Que cette enfant avait la timidité sainte
Des longs cils d’or voilant les chastes regards bleus
Et des gestes d’hermine effrayés et frileux ;
Et déjà ma pensée absorbante et jalouse
Se la représentait comme une blanche épouse,
Pure et douce, au milieu d’un frais intérieur
Égayé par les jeux d’un bel enfant rieur.
 
Et cette impression qu’elle m’avait donnée
Dura le lendemain toute la matinée,
Si bien que j’espérais presque un amour naissant.
Le bon rêve ! j’étais comme un convalescent
Faible encore et fiévreux, mais qui se sent renaître
Et qui, dans les coussins, auprès de sa fenêtre,
Devant un ciel d’avril plein d’azur rajeuni,
Sourit en se disant que tout n’est pas fini,
Tandis qu’un feu discret meurt dans les cendres chaudes
Et qu’il voit au jardin en vives émeraudes
Sur les arbustes noirs éclater les bourgeons.
Les nuages, avec lesquels nous voyageons,
Lui parlent d’horizon, d’air pur, de libres courses
Dans les grands bois charmés du murmure des sources,
De la ferme avec son bonnet de chaumes blonds,
Croulante sous l’assaut fantasque des houblons
Et de loin devinée à son odeur d’étable,
Où, vers le soir, dans la salle basse, on s’attable ;
Et, tout en caressant son menton amaigri,
Heureux, tendre, oubliant déjà son mal guéri,
Qui lui fut un miroir des amitiés fidèles,
Il songe au tout prochain retour des hirondelles.
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Rаmuz : Lе Ρауs

Rоllinаt : Lе Сhаt

Соrbièrе : Rоndеl

Jаrrу : Μinérаl

Βоukау : Rеgrеts à Νinоn

Αpоllinаirе : «Εt tоi mоn сœur pоurquоi bаts-tu ?...»

Αpоllinаirе : Lа Grеnоuillèrе

Villiеrs dе L’Ιslе-Αdаm : Αu bоrd dе lа mеr

Αpоllinаirе : Lа Grеnоuillèrе

Νеrvаl : Lеs Éсrivаins

☆ ☆ ☆ ☆

Сrоs : Сrоquis

Rаmuz : Lе Ρауs

Jаrrу : Sаint-Βriеuс dеs Сhоuх

Lаfоrguе : Stupеur

Сrоs : Lе Βut

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Lа Vаguе еt lа Сlосhе (Соppéе)

De Сосhоnfuсius sur Сhоsеs fаtаlеs (Rоdеnbасh)

De Сосhоnfuсius sur «Si tu vеuх vivrе еn Соur, Dilliеrs, sоuviеnnе-tоi...» (Du Βеllау)

De Dаmе dе flаmmе sur «Du tristе сœur vоudrаis lа flаmmе étеindrе...» (Sаint-Gеlаis)

De Сurаrе- sur «С’еst оrеs, mоn Vinеus, mоn сhеr Vinеus, с’еst оrе...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur Lа Ρеtitе Ruе silеnсiеusе (Fоrt)

De Сurаrе- sur «Τu еs sеulе mоn сœur, mоn sаng еt mа Déеssе...» (Rоnsаrd)

De Dаmе dе flаmmе sur «Τоi qui trоublеs lа pаiх dеs nоnсhаlаntеs еаuх...» (Βеrnаrd)

De Jаdis sur À l’еnvеrs (Sеgаlеn)

De Xi’аn sur Μirlitоn (Соrbièrе)

De Jаdis sur Lа Сhèvrе (Rоllinаt)

De Xi’аn sur «Αimеz-vоus l’оdеur viеillе...» (Μilоsz)

De Dаmе dе flаmmе sur Vеrlаinе

De Сurаrе= sur Οisеаuх dе pаssаgе (Riсhеpin)

De Wеb-dеvеlоppеur sur «Ιl n’еst riеn dе si bеаu соmmе Саlistе еst bеllе...» (Μаlhеrbе)

De Xi’аn sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Jаdis sur «Lе Sоlеil l’аutrе јоur sе mit еntrе nоus dеuх...» (Rоnsаrd)

De Xiаn sur À sоn lесtеur : «Lе vоilà сеt аutеur qui sаit pinсеr еt rirе...» (Dubоs)

De Yеаts sur Ρаul-Jеаn Τоulеt

De Ιо Kаnааn sur «Μаîtrеssе, quаnd је pеnsе аuх trаvеrsеs d’Αmоur...» (Rоnsаrd)

De Rоzès sur Μédесins (Siсаud)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе