François Coppée

Arrière-saison, 1887


Crépuscule


 
Ainsi qu’un malheureux, le corps frileux et gourd,
Tâche de se chauffer en soufflant sur des braises,
L’amer couchant d’octobre, au lointain du faubourg,
          A fait flamboyer ses fournaises.
 
Dans les squelettes noirs des arbres nus et droits,
Le vent du soir, tout bas, parle d’une voix rauque ;
Un archipel d’îlots couleur de feu, mais froids,
          Nage dans la paix du ciel glauque.
 
Combien de fois déjà par des soirs tout pareils,
Où l’esprit sur lui-même en souffrant se replie,
L’adieu rouge et glacé des suprêmes soleils
          M’a versé sa mélancolie !
 
Combien de fois ce vent aux sinistres soupirs,
Dont le gémissement se glisse sous les portes,
A fait devant mes yeux tourner mes souvenirs
          Dans la valse des feuilles mortes !
 
Automne nostalgique, automne évocateur,
Qu’ils me font mal, tes ciels qu’un dernier rayon moire,
Tes purs et tristes ciels, froids comme la douleur
          Et profonds comme la mémoire !
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 9 octobre 2025 à 16h02


Sans scrupule
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J’épluche mes poireaux et mes topinambours ;
Certains ont prétendu que je sucre les fraises
Ou que mon caberlot sonne comme un tambour
          Dès lors que je quitte ma chaise.
 
Serais-je souffreteux, sénile et maladroit ?
Je suis robuste comme un chêne, et je me moque
Bien des sous-entendus de tous ces pisse-froid
          Notoirement sniffeurs de coke.
 
Je me contente, ayant réglé mon appareil,
Après une journée paisible et bien remplie,
De glisser doucement dans les bras du sommeil,
          Où toute angoisse est abolie.
        
Et quelquefois je songe, avant de m’assoupir,
À celle qui flâna, fine mouche et accorte,
En ces lieux, et qui sut s’y faire entretenir        
         Par ses amants, ou peu importe.
 
La demoiselle avait plus d’un admirateur,
(Je l’ai lu, je crois bien, en quelque vieux grimoire).
Le dernier apparut ici pour son malheur
         Car on l’oublia dans l’armoire.

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