Gabrielle de Coignard

de "Poètes chrétiens du XVIe siècle"


Pater ignosce illis quia nesciunt quid faciunt


 
L’on t’avait couronné de poignantes épines,
Sanglant et déchiré de tourments inhumains,
Étant dessus la croix encloué pieds et mains,
D’un vouloir furieux, par ces âmes malignes.
 
Tu voyais les péchés de leurs noires poitrines
Et les intentions de leurs mauvais desseins,
Et nonobstant cela, ô Sauveur des humains,
Tu leur voulais donner de tes grâces divines.
 
Criant à haute voix, par un désir profond :
Père pardonne-leur, ils ne savent qu’ils font.
Cette sainte oraison les Anges admirèrent,
 
Les démons réprouvés l’ouïrent des enfers
Demeurant effrayés, mais les hommes pervers,
En leur vice obstinés ce pardon refusèrent.
 



Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 29 novembre 2012 à 17h01

Le fils du charpentier, sur sa croix accroché,
Tenait entre ses dents le salut de ce monde.
Le prince Lucifer, par le sang alléché,
Vint voir cette souffrance à nulle autre seconde.

Le crucifié trembla en voyant s’approcher
Le dragon ricanant aux manières immondes,
Qui lui dit : « Mon cousin, Dieu est-il si fâché
Que vous mourez ici et que l’orage gronde ? »

Oubliant qu’il fallait surtout serrer les dents,
Le crucifié lui parle, et, de ce fait, perdant
Les âmes dont il fut pour un temps le refuge,

Les laisse dévorer par Maître Lucifer,
Qui, le ventre bien plein, s’en retourne aux enfers,
Souriant de lui-même, et de son subterfuge.

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Déposé par Christian le 29 novembre 2012 à 17h57

Excellente cette fable. (Je pense qu’il faudrait : « Que vous mouriez ici »)

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Déposé par Cochonfucius le 30 novembre 2012 à 10h52

Ah, peut-être.

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Déposé par Curare- le 30 novembre 2012 à 11h05

Guillaume de Machaut : ’Ma fin est mon commencement
                                    Et mon commencement ma fin.’


’’Et la muse tout feu en son sein primesautier
Pris son coeur d’artichaut du corset de sa gorge
Le dressa en Pine’Acle, en offrande l’apporter
Sur le champ au Cochon, avant qu’on ne l’égorge..’’

Vous pensez mal Cher Christian -

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Déposé par Christian le 30 novembre 2012 à 16h13

Le subjonctif présent est "mouriez", or il faut le subjonctif ici. On dit « Dieu est-il si fâché / Que vous soyez mourant ici ? » et non « Dieu est-il si fâché / Que vous êtes mourant ici ? ».

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Déposé par Cochonfucius le 30 novembre 2012 à 16h32

À cause de la forme interrogative, en effet.

Je vais le corriger là où je peux.

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Déposé par Esther le 2 décembre 2012 à 21h10

L’emploi du subjonctif ne me semble nullement justifier en vers. L’interrogation porte sur la colère de D.ieu pas sur ce qui est en train de ce passer qui ne relève donc pas de l’interrogation. De l’emploi du subjonctif?

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Déposé par Cochonfucius le 3 décembre 2012 à 11h47


Quand même, le test du remplacement de "mourir" par "être mourant" suggère cette retouche, à laquelle je n’avais pas songé précédemment.

Merci à Christian.

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Déposé par Cochonfucius le 5 décembre 2018 à 19h12

Déesse et démon
——————

Démon-loup, déesse-licorne,
Vous dansez au jardin qui s’orne
D’un Arbre, et non pas d’une Croix ;
Vous en délimitez les bornes.

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