Henri Cantel


Les Tribades

(D’après une gravure)


Ces filles de Lesbos dorment entrelacées,
Comme deux jeunes fleurs sur un même rameau ;
Elles dorment ! Leur sein éblouissant et beau,
Se gonfle au souvenir de leurs folles pensées.
 
D’un mutuel amour leurs lèvres caressées
Semblent prêtes encor pour un baiser nouveau ;
Et demain dans le lit, voluptueux tombeau,
Le plaisir rouvrira leurs corolles lassées.
 
Leur corps n’est entouré d’aucun voile jaloux ;
J’écoute soupirer leur souffle, et je me penche
Pour mieux voir les contours de leur nudité blanche.
 
Mais je ne suis qu’un homme, et je pleure à genoux :
Sur elles, pour tromper ma flamme inapaisée,
Mon désir verse à flots sa brûlante rosée.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 11 mai 2021 à 14h40

Lion retraité
---------

Je perds le souvenir des ivresses passées,
Me voici devenu sobre comme un chameau ;
J’évite de parler, ne trouvant point mes mots,
Ma langue est un peu moins sûre de mes pensées.

Compagnes de jadis, autrefois caressées,
Vous irez donc choisir des chevaliers nouveaux ;
Je laisserai dormir mes honnêtes rivaux
Dont la flamme, elle aussi, est quelque peu lassée.

Ai-je été trop ardent, ai-je été trop jaloux ?
Sur ce passé lointain vainement je me penche,
J’ouvre mes vieux carnets, je vois des pages blanches.

Je n’irai point jusqu’à tomber sue les genoux,
Facilement sera ma tristesse apaisée ;
Je vais suivre une voie qui n’est point malaisée.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 6 mars 2022 à 12h31

Chameau retraité
-----------

Je fus dur au labeur, mais c’est chose passée,
Je savoure la fin d’une vie de chameau ;
Fort paresseusement, je joue avec des mots
Qui reflètent parfois l’une ou l’autre pensée.

Mes rencontres d’amour se font plus espacées,
Je m’enflamme un peu moins pour un regard nouveau ;
Je dis de mots gentils à mes anciens rivaux,
Je regarde dormir une muse lassée.

Or, suis-je un peu plus sage, ou suis-je un peu plus fou ?
Ai-je dès à présent la mémoire qui flanche ?
L’âme d’un vieux chameau, c’est une page blanche.

Plus troubles sont mes yeux, plus faibles mes genoux,
En matière d’amour ma flamme est apaisée ;
Mais je mène une vie qui n’est pas malaisée.

[Lien vers ce commentaire]

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