Aristide Bruant

Dans la rue


La Terreur des Fortifs


 

« Cette femme, nommée Marie Ret, dite la « Terreur des Fortifs », mettait souvent la main à la besogne.
  « Âgée de vingt-huit ans, grande, élancée, assez jolie, bien qu’elle ait la figure balafrée de coups de couteau, Marie Ret est une véritable héroïne de roman. Très vigoureuse, elle a souvent « expédié son homme » ; sa spécialité était de jeter à l’eau ses victimes.
  « Dans son logement on a trouvé plus de trente paires de souliers en cuir jaune, provenant des dépouilles de ses victimes. François, son amant, avait en effet une préférence marquée pour les souliers de cette couleur, et lui et sa maîtresse attaquaient souvent des passants attardés, uniquement pour s’approprier leurs chaussures estivales. »
(Intransigeant).


Grande, élancé’, carne, d’attaque,
Le poing dur et bien attaché ;
Ferme et râblé’, sous la casaque,
Ell’ faisait la chasse au michet,
À coups d’surin ou d’sucre d’pomme,
Et, souvent, la batteus’ d’antifs,
Comme un mâle, abattait son homme...
C’était la Terreur des Fortifs.
 
Pour affurer la bonn’ gal’touze,
A dégringolait l’poivrio,
Faisant la redingue et la blouse,
Le bourgeois, comme l’ouvrio ;
Mais quand le pauvre homme était meule,
A te l’empoignait par les tifs
Et lui tambourinait la gueule...
C’était la Terreur des Fortifs.
 
La cible trouée à coups d’lingue
Par les caress’s de ses mectons,
En leur barbotant leur morlingue,
A’ s’vengeait sur les beaux mich’tons...
Et, pour avoir leurs souliers jaunes,
A surinait des gens comifs,
À la barb’ des flics et des launes...
C’était la Terreur des Fortifs.
 

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