Aloysius Bertrand

Gaspard de la nuit, 1842


La Chanson du Masque


 

Venise au visage de masque.
LORD BYRON.

Ce n’est point avec le froc et le chapelet, c’est avec le tambour de basque et l’habit de fou que j’entreprends, moi, ce pèlerinage à la mort !

 

Notre troupe bruyante est accourue sur la place Saint-Marc, de l’hôtellerie du signor Arlecchino, qui nous avait tous conviés à un régal de macarons à l’huile et de polenta à l’ail.

 

Marions nos mains, toi qui, monarque éphémère, ceins la couronne de papier doré, et vous, ses grotesques sujets, qui lui formez un cortège de vos manteaux de mille pièces, de vos barbes de filasse et de vos épées de bois.

 

Marions nos mains pour chanter et danser une ronde, oubliés de l’Inquisiteur, à la splendeur magique de girandoles de cette nuit rieuse comme le jour.

 

Chantons et dansons, nous qui sommes joyeux, tandis que ces mélancoliques descendent le canal sur le banc des gondoliers, et pleurent en voyant pleurer les étoiles.

 

Dansons et chantons, nous qui n’avons rien à perdre, et tandis que, derrière le rideau où se dessine l’ennui de leurs fronts penchés, nos patriciens jouent d’un coup de cartes palais et maîtresses !

 


Commentaire(s)
Déposé par Esther le 28 novembre 2012 à 17h40

Une voie me dit qu’il existe une autre version.

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Déposé par Cochonfucius le 28 novembre 2012 à 17h49

Une étrange aventure survint pendant le printemps de la mouvance huitième du tremblement septième.

Un pangolin contemple son écosystème en déréliction. Il voudrait construire une symbiose avec une chouette, mais cela ne marche que partiellement.

Son bilan énergétique est modeste. Innombrables sont les tablatures diurnes et nocturnes, ainsi que les séjours sur un territoire qu’occupe une colonie de fourmis virtuelles.

Heureusement, il est facile de se désaltérer le matin ou le soir.

Une fourmi virtuelle commence à écrire la chanson de la colonie sur des écorces de bouleau.

Le pangolin emporte ce document dans une caverne. Il continue son voyage en abandonnant pour un temps ce fardeau précieux.

Quand il remet ses pattes dessus, ce n’est plus pareil, comme si quelqu’un avait donné deux fois le texte au poisson traducteur. Il décide de retrouver la formulation originale, et va dans la steppe avec les écorces fatidiques.

Il narre le récit aux animaux de la steppe, mais cela énerve le rhinocéros et le piaf qu’on appelle ugupu aussi.

Le rhinocéros introduit les écorces de bouleau dans un appareil de son invention, mais, comme le récit est inachevé, cela produit un grand désordre.

Alors, les animaux regrettent que le métaphysicien des choses molles ne puisse venir dans cette steppe maudite pour trouver une fin, au moyen du botulisme, à ce scénario.

Une fourmi virtuelle possédant le grade de général donne aux animaux des ordres bizarres. Les choses demeurent peu claires pour le lecteur.

Comme le récit est inachevé, cela produit un grand désordre. Que ne suis-je un auteur !

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