Aloysius Bertrand

Gaspard de la nuit, 1842


L’Office du soir


   
Quand, vers Pâque ou Noël, l’église, aux nuits tombantes
S’emplit de pas confus et de cires flambantes.
VICTOR HUGO. — Les chants du Crépuscule.


 

    Dixit Dominus Domino meo : sede a dextris meis.
Office des vêpres.

Trente moines, épluchant feuillet par feuillet des psautiers aussi crasseux que leurs barbes, louaient Dieu et chantaient pouilles au diable.

 

*

 

« Madame, vos épaules sont une touffe de lys et de roses. » — Et comme le cavalier se penchait, il éborgna son valet du bout de son épée.

 

« Moqueur, minauda-t-elle, vous jouez-vous à me distraire ? — Est-ce l’Imitation de Jésus que vous lisez, Madame ? — Non, c’est le Brelan d’Amour et de Galanterie. »

 

Mais l’office était psalmodié. Elle ferma son livre et se leva de la chaise. — « Allons-nous-en, dit-elle ; assez prié pour aujourd’hui ! »

 

*

 

Et moi, pèlerin agenouillé à l’écart sous les orgues, il me semblait ouïr les anges descendre du ciel mélodieusement.

 

Je recueillais de loin quelques parfums de l’encensoir, et Dieu permettait que je glanasse l’épi du pauvre derrière sa riche moisson.

 


Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 9 mai 2016 à 17h46

Autour de l’égise
----------------

L’église vibre au son du chant de trente moines ;
Au-dehors, deux démons qui dansent dans les airs,
Personne ne les voit, le village est désert
Tout autant que la friche où vivait Saint Antoine.

Dans la nef, un galant raconte des sornettes
À une Margoton d’exemplaire piété ;
Quand ils en sortiront, par ce beau soir d’été,
Les démons auront pris la poudre d’escampette.

Un glaneur, satisfait de sa maigre moisson,
Reste au fond de la nef, que l’encensoir parfume,
Faiblement éclairé par un cierge qui fume
Et songeant à l’auberge aux coûteuses boissons.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 17 juin 2024 à 11h55

Planète des moines
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Ici vivent des cénobites
Venus d’autres mondes lointains ;
À l’heure où le soleil s’éteint,
Se déroulent d’augustes rites.

J’entends les psaumes qu’ils récitent,
Je crois bien que c’est du latin ;
J’entends les cloches du matin
Qui à bien vivre nous invitent.

Un peu de pain, quelques poissons,
Un choix d’excellentes boissons,
Impeccable est le réfectoire.

Quelques tonneaux dans le cellier,
Puis des bouteilles, par milliers ;
Non, ce n’est pas la mer à boire.

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