Antoine de Bertin


À Catilie


 
Me voici dans le froid séjour
De l’artifice et de la haine,
Occupé de mon seul amour,
Et sur le papier, nuit et jour,
Tristement déposant ma peine.
Depuis nos funestes adieux
J’ai vu quarante jours éclore :
Combien s’écouleront encore
Avant qu’on te rende à mes yeux !
Tu me demandes, à toute heure,
Ce que fait ton fidèle amant ?
Tu le devines aisément.
Il soupire, il gémit, il pleure,
Il te rappelle incessamment.
Unique objet de mon hommage,
De mon encens et de mes vœux,
Cent fois j’adore ton image,
Cent fois je baise tes cheveux ;
Et, dans ce palais fastueux,
Tandis que la foule importune
Fatigue l’aveugle fortune
De mille cris ambitieux,
Moi, sans désir et sans envie,
Libre de soins, content des cieux,
Et presque étranger dans ces lieux,
Hélas ! je ne demande aux Dieux
Que d’être aimé de Catilie.
Mais toi, comptes-tu les moments
Que je traîne dans les alarmes ?
As-tu ressenti mes tourments ?
Et, loin de moi, tes yeux charmants
Ont-ils répandu quelques larmes ?
L’air triste, et les regards baissés,
Vas-tu, rêveuse et solitaire,
Sous ces tilleuls entrelacés,
Dont l’ombre invite au doux mystère,
Ou dans ce bois dépositaire
De nos plaisirs trop tôt passés,
Loin d’une mère vigilante
Relire encore mes écrits,
Et sur la poussière inconstante
Tracer le nom que tu chéris ?
Oh ! de mon pénible esclavage
Quand pourrai-je à la fin sortir ?
Quand verrai-je le doux rivage
Où, dans la fleur du plus bel âge,
J’ai reçu ton premier soupir ?
Qu’il est cruel dans sa folie
L’amant de faveurs enivré,
Qui, libre de passer sa vie
Aux pieds d’un objet adoré,
Trop épris de l’éclat frivole
Des biens, des honneurs et des rangs,
Court, sous des lambris transparents
Où resplendit l’or du Pactole,
Du vulgaire encenser l’idole
Et ramper à la cour des grands !
 

Les Amours, 1780

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