Du Bellay

Les Regrets, 1558



Si par peine et sueur et par fidélité,
Par humble servitude et longue patience,
Employer corps et biens, esprit et conscience,
Et du tout mépriser sa propre utilité,
 
Si pour n’avoir jamais par importunité
Demandé bénéfice ou autre récompense,
On se doit enrichir, j’aurai (comme je pense)
Quelque bien à la fin, car je l’ai mérité.
 
Mais si par larrecin avancé l’on doit être,
Par mentir, par flatter, par abuser son maître,
Et pis que tout cela faire encor bien souvent :
 
Je connais que je sème au rivage infertile,
Que je veux cribler l’eau, et que je bats le vent,
Et que je suis, Vineus, serviteur inutile.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 11 janvier 2015 à 11h39

Hommes de mémoire
---------------------------

-- Aux penseurs du passé, notre fidélité ;
Et nous les déchiffrons en toute patience,
Tâchant d’entrer un peu dedans leur conscience,
Voulant, de leurs écrits, prouver l’utilité.

Or, nous leur tolérons quelques obscurités ;
La saveur poétique est notre récompense,
Et la joie de connaître un ancêtre qui pense,
Saveur et joie qui sont des plaisirs mérités.

Ils nous ont éclairés sur la question de l’Être,
Mais aussi, par leur style, il nous servent de maîtres,
Ce qu’on peut constater, les relisant souvent.

-- Cependant, ne rien lire est parfois fort utile :
Et mes inspirations parmi les plus fertiles
Vinrent de voir danser des feuilles dans le vent.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 17 novembre 2020 à 14h35

Traverser les saisons
----------

L’hirondelle est aimée pour sa fidélité,
Peut-être s’agit-il d’une simple croyance :
Souvent l’amour échappe à notre clairvoyance,
Il nous faut naviguer sans visibilité.

S"aimer dans la lumière ou dans l’obscurité,
C’est souvent renoncer à toute récompense ;
Nous qui savons que l’homme est un roseau qui pense,
Nous le voyons trembler face à la vérité.

L’oiseau n’est point partant pour nous servir de maître,
Il ne veut rien transmettre, il se content d’être :
Pourtant, c’est un modèle, un exemple vivant.

Ami, ne crains pas d’être un rêveur inutile,
Ces instants amoureux, ne les crois pas futiles,
Même si, pour finir, les emporte le vent.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 novembre 2020 à 09h39

Traverser les saisons (retouche)
----------

L’hirondelle est aimée pour sa fidélité,
Peut-être s’agit-il d’une simple croyance ;
Souvent l’amour échappe à notre clairvoyance,
Il nous faut naviguer sans visibilité.

S"aimer dans la lumière ou dans l’obscurité,
C’est souvent renoncer à toute récompense ;
Nous qui savons que l’homme est un roseau qui pense,
Nous le voyons trembler face à la vérité.

L’oiseau n’est point partant pour nous servir de maître,
Il ne veut rien transmettre, il se contente d’être ;
Pourtant, c’est un modèle, un exemple vivant.

Ami, ne crains pas d’être un rêveur inutile,
Ces instants amoureux, ne les crois pas futiles,
Même si, pour finir, les emporte le vent.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Crachetonmucus le 16 août 2022 à 00h51

Par Montjoie Jean-Baptiste :
______________________

Bon chrétien que je suis, j’apprends l’humilité
Mais, n’ai plus qu’en discours l’ardente obédience !
Pour gagner les faveurs d’une aimable audience :
Je produis des écrits de piètre qualité.

Pastiche, mime, ersatz, ligués en Trinité
M’épargnent, toutefois, cérébrale dépense !
En singeant les plus grands, je supplée ou compense ;
Sans pitié, ni merci, pour l’auteur imité.

Je gueule sur les toits, je hurle à ma fenêtre,
Que j’adule Corneille ; et Ronsard fut mon maître !
Est-ce mal ? Je fais honte à ma muse, souvent...

Je m’intente à moi-même un procès bien futile :
Hormis deux ou trois vers... mes sonnets, c’est du vent !
C’est ce qu’engendre, au fond, mon vieux membre érectile.

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