Du Bellay

Les Antiquités de Rome, 1558



Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché,
Qui pour son ornement quelque trophée porte,
Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
Dont le pied fermement n’est en terre fiché,
 
Mais qui dessus le champ plus qu’à demi penché
Montre ses bras tout nus et sa racine torte,
Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte
Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché :
 
Et bien qu’au premier vent il doive sa ruine,
Et maint jeune à l’entour ait ferme la racine,
Du dévot populaire être seul révéré :
 
Qui tel chêne a pu voir, qu’il imagine encore
Comme entre les cités, qui plus florissent ore,
Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 5 novembre 2014 à 13h37

Sagesse de la tavernière
----------------------------

Que nul gosier ici ne demeure asséché !
Sachez-le, visiteurs qui franchissez ma porte,
Vous trouverez ici un choix de boissons fortes
Et je souris aussi aux clients éméchés.

J’aime ceux du comptoir, légèrement penchés,
Débitant leurs propos d’une voix un peu forte,
Pour qui mon injonction n’est jamais lettre morte ;
Ils ne sont pas pressés de partir se coucher.

Certains dans cet endroit aiment prendre racine :
Celui qui versifie et celui qui dessine,
Celle qui boit les mots du conteur inspiré ;

Quand ils ont assez bu, je leur en verse encore,
Afin qu’ils soient dispos pour saluer l’aurore ;
Dispos, ou presque tels, ou un peu déchirés.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 novembre 2018 à 21h41

L’arbre du roi
----------

Je suis l’arbre du roi, où son ange est perché ;
Justice et Loyauté sont les fruits que je porte
Et mon ardente sève est une boisson forte
Dont fut ce vieux monarque autrefois éméché.

Vers nul point cardinal on ne me voit pencher ;
Mon écorce est rugueuse et mes branches sont fortes,
Je me plais en ce bois jonché de feuilles mortes ;
Puis, le soleil me parle avant de se coucher.

Je sens un inframonde au bout de mes racines
Où de sombres profils dans le noir se dessinent,
Eux qui d’obscurs traités ont jadis inspiré ;

Ayant tout raconté, le vent me parle encore
Et veut se joindre à moi pour saluer l’aurore
Qui le nocturne voile est venue déchirer.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 26 décembre 2018 à 14h10

Chêne impérial
------------------

L’invisible démon sur le chêne est perché ;
Il a dans sa musette une âme qu’il emporte
(Âme, en ce grand malheur, tâche donc d’être forte)
Et qu’il prit au matin, dit-il, dans l’évêché.

Branche, sous un tel poids, tu ne peux que pencher
Et rudement fléchir, bien que tu sois très forte ;
S’il avait atterri sur une branche morte,
Sa lourdeur aurait pu du tronc la détacher.

Des lutins malfaisants vivent sous les racines
Qui sur de grands carnets de noirs signes dessinent
Et que dans l’inframonde on entend conspirer ;

Or, le diable est pensif, il se repose encore,
Sur cet arbre magique il attendra l’aurore
Pour saisir sa victime et pour la déchirer.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 29 décembre 2018 à 10h51

Chêne impérial
------------------

(au troisième vers)

Âme, en ce grand malheur, nul ne te réconforte

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 30 décembre 2018 à 18h43

L’arbre du roi
-----------

Sixième vers :

Mon écorce est rugueuse et ça me réconforte

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Τоulеt : «Sur l’осéаn соulеur dе fеr...»

Βаtаillе : Lеs Sоuvеnirs

Rоnsаrd : «Lе Сiеl nе vеut, Dаmе, quе је јоuissе...»

Μаgnу : «Αnnе, је vоus suppliе, à bаisеr аpprеnеz...»

Sullу Ρrudhоmmе : Lеs Сhаînеs

Dеshоulièrеs : Stаnсеs : «Εh ! quе tе sеrs, аmоur, dе mе lаnсеr dеs trаits ?...»

Dеshоulièrеs : Stаnсеs : «Αgréаblеs trаnspоrts qu’un tеndrе аmоur inspirе...»

Αntоinеttе Dеshоulièrеs

Sullу Ρrudhоmmе : Lеs Sеrrеs еt lеs Βоis

Εustоrg dе Βеаuliеu

Du Βеllау

Hаrаuсоurt : «Ιl plеut sur lа mеr, lеntеmеnt...»

☆ ☆ ☆ ☆

Rоllinаt : Lа Grаndе Саsсаdе

Rоllinаt : Vаpеurs dе mаrеs

Μоlièrе : Stаnсеs gаlаntеs : «Sоuffrеz qu’Αmоur...»

Μаgnу : «Αnnе, је vоus suppliе, à bаisеr аpprеnеz...»

Du Βеllау : «Vоуаnt l’аmbitiоn, l’еnviе еt l’аvаriсе...»

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Lа Sоurсе (Gаlоу)

De Сосhоnfuсius sur Αutоmnе (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Се n’еst pаs mоi qui sаit d’unе vоiх fеintе...» (Μаgnу)

De tRΟLL sur Lа Βеllе Guеusе (Τristаn L'Hеrmitе)

De L’âmе аuх ninаs sur À lа Βrеtаgnе (Сhаpmаn)

De Сurаrе- sur «Dоulсin, quаnd quеlquеfоis је vоis сеs pаuvrеs fillеs...» (Du Βеllау)

De Fоllоwеur sur «Jе vоis millе bеаutés, еt si n’еn vоis pаs unе...» (Rоnsаrd)

De Εsprit dе сеllе sur «Jе rеgrеttе еn plеurаnt lеs јоurs mаl еmplоуés...» (Dеspоrtеs)

De Ρоr’d’âmе sur Ρlus tаrd (Μusеlli)

De Сurаrе- sur «Βаrquе, qui vаs flоttаnt sur lеs éсuеils du mоndе...» (Duplеssis-Μоrnау)

De Сhr... sur Αu Соllègе (Évаnturеl)

De Vinсеnt sur À unе Villе mоrtе (Hеrеdiа)

De Εsprit dе сеllе sur «Ô Diеu qui vоis сеttе rоuе ехéсrаblе...» (Vеrmеil)

De Lа Fаisаnе sur Lа Соlоmbе pоignаrdéе (Lеfèvrе-Dеumiеr)

De Μоrin dе Βlаnquеfоrt sur Lе Соup dе tаmpоn (Соppéе)

De Fоrаin dе Βlаnсhеmоr sur Lе Соup dе mаrtеаu (Соurtеlinе)

De Jеhаn Çètоù sur Lе Τаlismаn (Νеlligаn)

De Сhаrlus Ρоpulаirе sur Viеuх mаrin, viеil аrtistе (Ρоpеlin)

De Αrаmis sur L’Hоspitаlité (Fаbrе d'Églаntinе)

De Αrаmis sur Μоrt d’un аutrе Juif (Μоrаnd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе