Du Bellay

Les Regrets, 1558



J’aime la liberté, et languis en service,
Je n’aime point la Cour, et me faut courtiser,
Je n’aime la feintise, et me faut déguiser,
J’aime simplicité, et n’apprends que malice :
 
Je n’adore les biens, et sers à l’avarice,
Je n’aime les honneurs, et me les faut priser,
Je veux garder ma foi, et me la faut briser,
Je cherche la vertu, et ne trouve que vice :
 
Je cherche le repos, et trouver ne le puis,
J’embrasse le plaisir, et n’éprouve qu’ennuis,
Je n’aime à discourir, en raison je me fonde :
 
J’ai le corps maladif, et me faut voyager,
Je suis né pour la Muse, on me fait ménager :
Ne suis-je pas, Morel, le plus chétif de monde ?
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 24 juillet 2017 à 12h09

Grand cheval de sinople
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Jamais ce cheval vert ne languit en service,
Car il n’accomplit rien, que muses courtiser,
Ou danser, par feintise en âne déguisé,
Cheval sans dignité, cheval plein de malice.

Ne possédant nul bien, il vit loin d’avarice,
Ne sait si d’éleveurs il fut jadis prisé :
Ne lui mets pas de chaîne,il pourrait la briser,
Mais c’est par bonne humeur, et ce n’est point par vice.

Remplis-lui donc un seau de la bonne eau du puits,
C’est un cheval magique, il chasse les ennuis,
Son coeur est un trésor de sagesse profonde.

Ce vaillant destrier, lui faut-il voyager ?
Non, sur cette matière, il veut se ménager,
Heureux de son repos, non de courir le monde.

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Déposé par Jadis le 8 décembre 2021 à 08h41


J’étais jeune gandin, et conducteur novice ;
Je frimais comme un dieu, venant de baptiser
Mon permis dans les flots d’un liquide anisé,
Et la nuit noyait tout comme un jus de réglisse.

Ainsi j’écrabouillai plusieurs admiratrices.
Et ne prenez donc pas cet air scandalisé :
Vous savourez plutôt, puisque vous me lisez —
D’ailleurs, encore eût-il fallu que je les visse.
 
Où est la vérité ? Toujours pas dans le puits ;
Pas plus demain qu’hier, à midi qu’à minuit.
Qui croit l’apercevoir, son erreur est profonde.
 
Il est vrai toutefois qu’aujourd’hui, plus âgé,
Je terrorise moins piétons et passagers
Et je feins d’oublier ce souvenir immonde.

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