Joseph Autran

Sonnets capricieux, 1873


Eugénie de Guérin


 
Et toi, je t’aime aussi, vaillante et noble fille,
Dont un vent de province effeuilla tous les jours,
Toi qui, dans un désert, ange de ta famille,
Vécus obscurément sans joie et sans amours.
 
Tu veillais au repas, devant l’âtre qui brille ;
Aux plus pauvres que toi tu portais un secours ;
Puis la plume courait, la plume après l’aiguille,
Pour que les soirs d’hiver fussent un peu plus courts.
 
Tu songeais à ton frère, ô belle âme chrétienne,
À ce frère adoré que Paris t’avait pris ;
Tu souhaitais la gloire à ses jeunes écrits :
 
Ô Dieu bon, disais-tu, permettez qu’il l’obtienne !
Qui t’aurait dit alors que sa gloire à Paris
        S’effacerait devant la tienne !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 26 mars 2018 à 13h42

Lenteur du scribe
-----------------------

Bien qu’on ne le voie pas en compagnie des filles,
Ce scribe paresseux perd du temps chaque jour ;
Négligeant ses devoirs, négligeant sa famille,
Il rêve obscurément à d’anciennes amours.

Il est contemplatif devant l’âtre qui brille ;
Les dieux trop rarement viennent à son secours.
Dans la botte de foin, s’il faut trouver l’aiguille,
Même un long jour d’été lui semblera trop court.

Sa prose ne contient pas de phrases chrétiennes,
Mais bien des mots tordus que jadis il apprit ;
Il fut toujours meilleur à l’oral qu’à l’écrit.

Du sérieux de sa part, bien peu de gens l’obtiennent ;
Il bosse encore moins à Bordeaux qu’à Paris,
Peu s’en faut, certains jours, que de lire il s’abstienne.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cro’Odile le 26 mars 2018 à 21h17

’’Jetons nos coeurs en l’éternité’’  Eugénie de Guérin

Croc’Odile

J’voudrais un crocodile ! On me dit c’est ardu
Il va te manger crue ! Y’avait un angélique
Vivant sur la Garonne un peu mélancolique
Il était paresseux et même un peu mordu

Du bon vin de Bordeaux ! Vrai . .c’est innatendu
Même que c’est ballot l’était dithyrambique  
Et même polyglotte - 1 croc’Odile phobique
Erudit et rêveur c’était peu répandu

Mais ça n’a pas de prix une telle attirance  
C’est évident pourtant puisque je suis pluvian
Piaf de nom malgré tout féroce un peu déviant

D’vouloir 1 croc’Odile avec cette occurrence  
Ce monstre bordelais . . Ô 1 rien malvoyant  
Je le sais chaque nuit il vit dans mon errance

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 13 septembre 2019 à 11h35

La pensée sauvage
--------------------

Athéna, qui de Zeus est la très sage fille,
En une tendre fleur s’est incarnée un jour ;
Elle trouve au jardin sa nouvelle famille,
Ne songeant plus jamais à d’étranges amours.

Si la soif la saisit sous le soleil qui brille,
C’est le bel arrosoir qui vient à son secours ;
Elle entend, le matin, les oiseaux qui babillent,
Ou bien, de temps en temps, des bruits de basse-cour.

Le corbeau lui apprend les prières chrétiennes
Qui diffèrent des sorts que jadis elle apprit ;
Puis, elle lit, la nuit, ce que le ciel écrit.

La condition de fleur, peu d’immortels l’obtiennent,
Celui qui la possède en peu de temps périt ;
C’est pourquoi, prudemment, la plupart s’en abstiennent.

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