Aubigné

Le Printemps


XXIII


Si je pouvais porter dedans le sein, Madame,
Avec mon amitié celle que j’aime aussi,
Je ne me plongerai’ au curieux souci
Qui dévore mes sens d’une ennuyeuse flamme.
 
Doncques pour arrêter l’aiguillon qui m’entame,
Donnez-moi ce portrait, où je puisse transi
Effacer votre teint d’un désir endurci,
Dévorant vos beautés de la faim de mon âme.
 
Mourir comme mourut Laodamie, alors
Que de son ami mort elle embrassa le corps,
De ses ardents regrets réchauffant cette glace,
 
Mourir vous contemplant, de joie et de langueur.
J’ai bien dessus mon cœur portraite votre face
De la main de l’amour, mais vous avez mon cœur.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 26 août 2016 à 16h29

Serpentaure
-----------------

Il n’a jamais le temps de courtiser les dames,
La chasse emplit ses jours, et les combats aussi,
La vie du serpentaure est un constant souci,
Car ce monstre se brûle avec sa propre flamme.

Il ne peut surmonter la crainte qui l’entame,
Le torturant, ainsi qu’un amoureux transi ;
Contre lui-même, hélas, son coeur est endurci,
Telle est l’étrange loi qui dévore son âme.

Vainement ses amis le confortent, alors
Que la haine de soi fait trembler tout son corps,
Et que son sang se fige en une froide glace ;

Trouve-t-il donc sa joie en pareille langueur ?
Ce serpentaure, ayant un cauchemar pour coeur,
Ne voudrait, cependant, jamais perdre la face.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 24 octobre 2017 à 11h49

Prophète cruciforme
--------------------------

Il amusait les rois, il effrayait les dames,
Il avait quatre mains, et quatre pieds aussi,
Sa coordination fut un constant souci ;
Mais en son sang brûlait la prophétique flamme.

Prophète que jamais nulle crainte n’entame,
Sur un nuage, ainsi qu’un amoureux transi ;
Jamais contre un pécheur il ne fut endurci,
C’est le sens du pardon qui emplissait son âme.

Vainement les Romains le menacent, alors
Que son ardente foi fait vibrer tout son corps ;
Et de voir le bourreau, ça le laisse de glace ;

Ils ont trouvé du bois de la bonne longueur,
Ils y ont attaché ce héros dont le coeur
Animait bravement une double carcasse.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 31 janvier 2018 à 12h14

Dame des beaux rêves
-------------

En rêve me visite une rêveuse dame,
Elle a charmante voix, charmant visage aussi,
Notre rêve n’est pas brisé par le souci ;
C’est un rêve dansant, c’est un rêve de flamme.

Un songe que jamais nulle crainte n’entame,
Aucun de nous deux n’est un amoureux transi ;
Puisque nous sommes vieux, nos coeurs sont endurcis,
C’est le sens de la paix qui emplit nos deux âmes.

Vainement les éveils nous menacent, alors
Que notre ardente foi paralyse nos corps ;
Et songer au matin, ça nous laisse de glace ;

Que ce beau rêve soit de la bonne longueur,
Chaque nuit je deviens ce dormeur dont le coeur
Anime bravement une inerte carcasse.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Curare- le 31 janvier 2018 à 22h22

Tu rêvais de moi, nous vivons un rêve,
tu m’oublieras dans un autre rêve
dans lequel je reviendrai comme le rêve d’un rêve ___Philippe Sollers

__Rêve éveillé___

Dans les jours gris usés le rêve condamne
Les souvenirs passés la frustration aussi
Le rêve ce rébus au rébut des sursis
Est 1 rêve brisé par le suivant profane

Le songe est bien la clé sur la trame d’Ariane
L’empreinte du destin dont le sort indécis
Fait chanceler ces vieux aux coeurs trop rétrécis
Par la crainte d’aimer  - Ces opiniâtres ânes

Vainement vont brayant par de mille efforts
S’abreuvant à foison de leurs maudits conforts
De jouisseurs virtuels à la vaine semaine

Ce rêve récurrent qu’est leur chant amoureux
Aimé ici honni ailleurs si douloureux
Qu’à défaut de plaisir vient se loger la haine__  

____31/01/2018____Pour un Ballus lointain.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 1er février 2018 à 12h28

Voir cependant

(sur le sens du mot «Vainement»
selon Jacques Prévert)

http://sonnets-de-cochonfucius.lescigales.org/vainement.html

et d’autres pages comparables.

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