Aubigné

Le Printemps


XLVII


 
En fendant l’estomac de la Saône argentine
Des avirons tranchants, qui en mille morceaux
Faisaient jaillir en l’air mille bluettes d’eaux,
Je tuai’ dedans l’eau une flamme divine.
 
Mais, j’étai’ bien déçu. Je sen en ma poitrine
Doubler mes feux émus, mes plaies, et mes maux,
Vivre, parmi les flots, les éternels flambeaux
Qui du ciel en mon sein éprirent leur racine.
 
Mille nymphes des bois sortent leur chef d’argent
Sur les saules feuillus et suivent en nageant
De l’œil et de la voix, et mes cris et mes rames.
 
Où fuis-tu, malheureux ?  où cherches-tu repos ?
Penses-tu bien que l’eau noie amour et les flammes.
Vénus fut née en mer, et vit parmi les flots.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 4 mai 2016 à 17h13

Trois bons larrons
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Du démon mélomane, une aubade argentine
Charme les coqs d’argent, qui mangeaient un morceau.
Belles notes qui font comme un tintement d’eau,
On y sent par endroits l’inspiration divine.

Pour chanter leur bonheur, ils gonflent leur poitrine,
Car l"aubade leur fait oublier tous leurs maux,
Comme le beau soleil, ou comme un clair flambeau,
Comme un bel arbre en fleurs, aux puissantes racines.

Sous une arche magique, ils prennent leur repos,
La musique, autour d’eux,  surgit, et coule à flots,
Évoquant, par instants, la croissance des flammes.

Le démon mélomane et les deux coqs d’argent
Un beau jour s’en iront, vers le lointain nageant,
Ou laissant dériver une barque sans rames.

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Déposé par Cochonfucius le 12 septembre 2021 à 12h34

Lit de flammes
------

J’allume mon bûcher dans une aube argentine,
C’est par la combustion que mon corps devient beau ;
Mes cendres, le sais-tu, n’iront pas au tombeau,
C’est à mon renouveau que le sort les destine.

L’air chauffe mon plumage et brûle ma poitrine,
Je sais à quoi m’attendre et j’accepte ces maux ;
Je ne suis pas jaloux des autres animaux,
Je vaux mieux que la faune, ou terrestre, ou marine.

Sur des charbons ardents je trouve mon repos,
Si je frémis un peu, c’est pour rester dispos ;
Tu sauras que mon coeur est plus chaud que les flammes.

Un ange de la Mort, près de moi voltigeant,
Jette sur ce grand feu des regards négligents ;
La destruction du corps, c’est le repos de l’âme.

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