Victor Segalen(1878-1919) |
Victor SegalenStèles, 1912
Je frappe les dalles. J’en éprouve la solidité. J’en écoute la sonorité. Je me sens ferme et satisfait.
J’embrasse les colonnes. Je mesure leur jet, la portée, le nombre et la plantation. Je me sens clos et satisfait.
Me renversant, cou tendu, nuque douloureuse, je marche du regard sur le parvis inverse et je sens mes épaules riches d’un lourd habit cérémonieux, aux plis carrés, à la forte charpente.
o
Coulant du faîte, paisible horizon terrestre, aux bords du toit mûri comme un manteau des moissons, — voici les Angles, acérés, griffus et cornus.
Ces quatre cornes, qui menacent-elles dans le ciel ? Que découvrent ces quatre doigts aux ongles longs ? Font-ils signe qu’il y a là-haut quelqu’un qui regarde ?
Ce sont les quatre coins de la Tente originale, noués aux quatre liens qui les relèvent, et, livrant avenue, déploient l’ample hospitalité.
o
Liens invisible, que prolonge l’au-delà des nues, où vont-ils se lier eux-mêmes ? À quels piliers du Ciel, à quels poteaux du monde, à quelles hampes dix mille fois élevées ?
Cet espace, crevé par les pointes, pénétré des neuf firmaments qui l’entoure et le contient ? Plus loin que les confins il y a l’Extrême, et puis le Grand-Vide, et puis quoi ? o
Est-ce là l’inquiétude désignée par ces doigts courbés aux ongles longs ? — Mais voici, pas de réponse, et pas de signes, et point de haut mystère, et pas même de liens, même invisibles.
Puisque sous chacun des chevrons volants, accusant sa corne, résolvant sa cambrure, j’aperçois le grossier Piquet terrestre qui le soutient et qui l’explique.
Commentaire (s)Déposé par Cochonfucius le 6 janvier 2015 à 15h09Temple barbare Votre commentaire : |
AgoraÉvаluations récеntes☆ ☆ ☆ ☆ ☆Du Βеllау : «Jе nе tе priе pаs dе lirе mеs éсrits...» Hugо : L’Αutrе Αlbеrt-Βirоt : «Οui lе sоnnеt n’а quе quаtоrzе vеrs...» Αlbеrt-Βirоt : Сhrоniquе : сhеz Ρаul Guillаumе ☆ ☆ ☆ ☆Durаnd : «Βеаuх уеuх, qui rесélеz tаnt dе trаits еt dе fеuх...» Hugо : L’Αutrе Cоmmеntaires récеntsDe Frаnçоis С. sur «Lе viеrgе, lе vivасе еt lе bеl аuјоurd’hui...» (Μаllаrmé) De nе mbоmа sur Αprès lа сlаssе (Hаrdу) De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu) De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt) De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé) De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе) De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn) De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе) De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе) De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе) De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd) De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt) De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr) De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе) De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin) De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе) De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs) De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs) De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе) De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх) De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs) Plus de commentaires...Ce sitePrésеntаtionCоntactSоutien |
![]() | ||