Victor Segalen

(1878-1919)

Stèles

(1912)

Εllеs sоnt dеs mоnumеnts rеstrеints à unе tаblе dе piеrrе...

Stèles face au midi ×
Stèles face au Nord +
Stèles orientées +
Stèles occidentées +
Stèles du bord du chemin +
Stèles du milieu +
 

Victor Segalen

Stèles, 1912


Les trois hymnes primitifs

Les trois hymnes primitifs que les trois Régents avaient nommés : Les Lacs, l’Abîme, Nuées, sont effacés de toutes les mémoires. Qu’ils soient ainsi recomposés :

 

Les Lacs

 

Les lacs, dans leurs paumes rondes noient le visage du Ciel :

 

J’ai tourné la sphère pour observer le Ciel.

 

Les lacs, frappés d’échos fraternels en nombre douze :

 

J’ai fondu les douze cloches qui fixent les tons musicaux.

 

o

 

Lac mouvant, firmament liquide à l’envers, cloche musicale,

 

Que l’homme recevant mes mesures retentisse à son tour sous le puissant Souverain-Ciel.

 

Pour cela j’ai nommé l’hymne de mon règne : les Lacs.

 

L’abîme

 

Face à face avec la profondeur, l’homme, front penché, se recueille.

 

Que voit-il au fond du trou caverneux ? La nuit sous la terre, l’Empire d’ombre.

 

o

 

Moi, courbé sur moi-même et dévisageant mon abîme, – ô moi ! – je frissonne,

 

Je me sens tomber, je m’éveille et ne veux plus voir que la nuit.

 

Les nuées

 

Ce sont les pensées visibles du haut et pur Seigneur-Ciel.

 

Les unes compatissantes, pleines de pluie. Les autres roulant leurs soucis, leurs justices et leurs courroux sombres.

 

o

 

Que l’homme recevant mes largesses ou courbé sous mes coups connaisse à travers moi le Fils les desseins du Ciel ancestral.

 

Pour cela j’ai nommé l’hymne de mon règne : Nuées.


Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 4 mai 2020 à 12h40

Trinité nonchalante
__________

Nous trouvons en ce lieu trois arbres chargés d’ans,
Au bord d’un lac paisible où se jette une eau vive;
L’un d’eux apprend un hymne aux oiseaux de la rive,
Qu’accompagne aujourd’hui le tonnerre grondant.

Le deuxième médite, un abîme sondant,
Il semble se complaire en des heures oisives ;
Je n’ai point là-dessus d’opinion décisive,
Je regarde frémir son feuillage abondant.

Le troisième entretient une sorte d’ivresse
En recevant du ciel une eau qui le caresse,
Et tout au long du jour en extase est plongé.

Au sujet de ces trois furent écrits des contes
Ainsi que des sonnets (plus beaux que ceux d’Oronte),
Sur quelques parchemins que le temps a rongés.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Th. de Viau le 4 mai 2020 à 16h36

Voir aussi

http://www.paradis-des-albatros.fr/?poeme=viau/ton-orgueil-peut-durer-au-plus-deux-ou-trois-ans

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 mai 2020 à 16h40

.


Une étonnante rencontre.

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Déposé par Cochonfucius le 8 septembre 2020 à 12h14

Trois couronnes héréditaires
---------------

Du roi de Frépillon, monarque décadent,
Le joli pantalon s’orne de couleurs vives ;
Il offre, en ayant bu, sa couronne aux convives,
Qui refusent toujours, d’ailleurs, c’est plus prudent.

Le roi de Garabagne a deux grands chiens grondants,
Mais ce ne sont vraiment que des bêtes craintives ;
Leur âme a peur, souvent, de se montrer fautive,
Ce qui leur donnerait des remords abondants.

Le roi de Milpodvah, il baigne dans l’ivresse,
D’une noble odalisque il reçoit les caresses ;
À la prochaine coupe il préfère songer.

Chacun peut se tenir sur son trône sans honte,
Le peuple est indulgent pour ces braves gérontes ;
Dans leurs menus plaisirs ils se peuvent plonger.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 8 septembre 2020 à 12h18

Trois couronnes héréditaires   (retouche)
---------------

Du roi de Frépillon, monarque décadent,
Le joli pantalon s’orne de couleurs vives ;
Il offre, en ayant bu, sa couronne aux convives,
Qui refusent toujours, d’ailleurs, c’est plus prudent.

Le roi de Garabagne a deux grands chiens grondants,
Mais ce ne sont vraiment que des bêtes craintives ;
Leur âme a peur, souvent, de se montrer fautive,
Ce qui leur donnerait des remords abondants.

Le roi de Milpodvash, il baigne dans l’ivresse,
D’une noble odalisque il reçoit les caresses ;
À la prochaine coupe il préfère songer.

Chacun peut se tenir sur son trône sans honte,
Le peuple est indulgent pour ces braves gérontes ;
Dans leurs menus plaisirs ils se peuvent plonger.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 22 avril 2021 à 13h46

Trinité inconnaissable
---------------

Triplement  ignoré de votre père Adam,
Je ne suis qu’un trio d’hypostases fictives ;
Je suis, dans le Cosmos, une force inactive
Comme dans vos palais sont les rois décadents.

Je ne m’exprime point en signes transcendants,
Je n’envoie nul tonnerre à des foules craintives ;
N’inspirant nul prophète aux paroles plaintives,
Je n’exerce sur vous pas le moindre ascendant.

Vous ne me prendrez pas pour le dieu de l’ivresse,
Tout juste, à la rigueur, celui de la paresse ;
Et me faire une offrande, il n’y faut pas songer.

Je sais que je suis Dieu, c’est cela seul qui compte,
Mais un dieu solipsiste, en faut-il avoir honte?
Je ne répondrai point, c’est mon jour de congé.

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Déposé par Cochonfucius le 18 février 2022 à 14h04

Planète Trisolaris
----------

Nous gravitons autour de trois soleils ardents,
À nous désorienter la gravité s’active ;
Aussi nous n’avons point d’espérance fictive,
Ce système est atteint d’un désordre évident.

Nous cherchons le remède en un jeu transcendant,
C’est pour l’apaisement de nos âmes craintives ;
Nous voulons éviter la folie collective
Qui se propagerait même à nos descendants.

À nous quelques Terriens, semble-t-il, s’intéressent,
En termes bienveillants à nos chefs ils s"adressent ;
Dans de savants calculs nous nous sommes plongés.

Allons-nous donc chez eux nous rendre, en fin de compte ?
C’est un meilleur endroit, selon ce qu’ils racontent,
C’est un recours auquel nous n’avions pas songé.

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Déposé par Cochonfucius le 11 juillet 2024 à 11h51

Les trois feuilles
--------

Nous venons du jardin d’Adam,
Nous sommes trois forces actives ;
Notre vertu n’est pas fictive,
Nous sommes Dieu, c’est évident.

Nous sommes l’Être Transcendant,
Le Sauveur des âmes craintives ;
Nous gérons la vie collective
D’Ève et de tous ses descendants.

Du monde nous sommes maîtresses,
Plus féroces que des tigresses ;
Par nous, vos jours sont prolongés.

Les arbres du jardin racontent
Ces choses quand leur sève monte ;
À les croire on ne peut songer.

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