Rodenbach

(1855-1898)

Le Miroir du ciel natal

(1898)

Les Lampes +
Les Femmes en mante +
Les Réverbères +
Les Jets d’eau +
Les Premières Communiantes ×
Les Cygnes +
Les Cloches +
Les Hosties +
Épilogue +
 

Rodenbach

Le Miroir du ciel natal, 1898


              VI


Les Communiantes s’en sont allées
Comme de blanches azalées.
 
Frileuses, elles n’ont resplendi qu’un matin,
(Tulles frêles que les plus doux vents désajustent)
De la blancheur qu’ont en avril d’humbles arbustes ;
On eût dit tout à coup voir marcher un jardin.
 
Les Communiantes s’en sont allées ;
On les suit comme des allées.

Sur les vitres de la maison où il faut vivre
Et dont depuis longtemps s’est fané tout l’azur,
Elles sont ces grands lys et ces palmes de givre
Damassant un moment les carreaux trop obscurs,
Frêle bouquet d’hiver, qui si peu persévère
Et fond vite et s’achève en larmes sur le verre...
 
Les communiantes s’en sont allées,
Comme des vitres dégelées.
 
Elles étaient les purs reposoirs de l’Hostie,
Blanches, malgré l’ombre sur elles de la tour,
En s’attardant sur le parvis, à la sortie ;
Les cloches chantaient doux, si doux en ce beau jour !
 
Les Communiantes s’en sont allées.

Or, leurs robes étant comme en forme de cloches,
On eût dit qu’au lieu des cloches noires, c’étaient
Leurs robes qui versaient ces sons blancs et tintaient,
 
Cloches de tulle brimbalées.
 
Et l’air, ému comme une eau morte à leurs approches,
Tremblait, habitué qu’on lui fît violence ;
Celles-ci déplaçaient à peine le silence...
Tels les cygnes, qui sont un si léger fardeau,
En nageant, ne déplacent qu’à peine un peu d’eau...
 
Les Communiantes s’en sont allées,
Ailes blanches intercalées.
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Hugо : L’Αutrе

Αlbеrt-Βirоt : «Οui lе sоnnеt n’а quе quаtоrzе vеrs...»

Αlbеrt-Βirоt : Сhrоniquе : сhеz Ρаul Guillаumе

☆ ☆ ☆ ☆

Hugо : L’Αutrе

Cоmmеntaires récеnts

De Frаnçоis С. sur «Lе viеrgе, lе vivасе еt lе bеl аuјоurd’hui...» (Μаllаrmé)

De nе mbоmа sur Αprès lа сlаssе (Hаrdу)

De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu)

De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt)

De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé)

De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе)

De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn)

De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе