Rodenbach

(1855-1898)

Le Miroir du ciel natal

(1898)

Les Lampes +
Les Femmes en mante +
Les Réverbères +
Les Jets d’eau +
Les Premières Communiantes +
Les Cygnes +
Les Cloches +
Les Hosties ×
Épilogue +
 

Rodenbach

Le Miroir du ciel natal, 1898


              III


La vieille église rêve en un vaste silence ;
La ville morte, avec sa tristesse, est autour ;
On en sent, comme d’un malade, la présence,
Et tout est assombri par l’ombre de la tour.
 
Il règne dans les nefs un jour de demi-deuil ;
On entend, au dehors, pleurer les hirondelles ;
Seuls les vitraux d’azur gardent un peu d’orgueil ;
Et la Vierge pâlit dans ses vieilles dentelles.

Tout est âgé, tout s’appauvrit ; les hauts piliers
Semblent les troncs, veufs de rameaux, d’une futaie ;
On sent une lointaine et vague odeur de plaie ;
Est-ce qu’un crucifix se mettrait à saigner ?
 
Ah ! cette maladive odeur de vieille église,
Fade, mais sensuelle, et qui fait qu’on défaille :
Lis, crèches de Noël dont se fane la paille,
Encens irrésolu qui meurt dans l’ombre grise ;
 
Vin d’or évaporé des burettes, bougies
Dont la souffrance aura racheté nos péchés ;
Et tant d’odeurs encor : les nappes défraîchies
Et les voiles de noce aux bouquets d’orangers.
 
Et vous aussi, votre immortelle odeur humaine,
Foule venue ici dont Dieu seul sait le compte :
Larmes du repentir et sueur de la honte,
Odeur des siècles — lourde, et qui toujours se traîne...

Odeur de mort aussi, car tout ici se meurt !
Cette église est trop vieille et la ville est trop morte ;
Ce ne sont que tombeaux dans les nefs et le chœur,
Et combien de cercueils en ont franchi les portes !
 
Oui ! tout est mort ! Oui ! tout se meurt sans cesse ici :
L’encens dans le néant, aujourd’hui dans naguères ;
Les visages des vieux tableaux meurent aussi ;
Et chacun pense aux ossements des reliquaires...
 

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