Rodenbach

(1855-1898)

Le Miroir du ciel natal

(1898)

Les Lampes +
Les Femmes en mante ×
Les Réverbères +
Les Jets d’eau +
Les Premières Communiantes +
Les Cygnes +
Les Cloches +
Les Hosties +
Épilogue +
 

Rodenbach

Le Miroir du ciel natal, 1898


              XIV


Douceur du passé qu’on se remémore
À travers les brumes du temps
Et les brumes de la mémoire.
 
Douceur de se revoir soi-même enfant,
Dans la vieille maison aux pierres trop noircies,
Dont le pignon est en forme de mitre ;
Douceur de retrouver sa figure amincie
D’enfant pensif, le front aux vitres...

On se revoit l’enfant qu’on fut
Et qui écoutait
Les lointains angélus,
Et qui regardait
L’eau que les reflets ont nacrée
Et les bateaux que nulle aventure ne grée.
 
A-t-on été cet enfant que voilà ?
Silencieuse et triste enfance
Qui jamais ne rit ;
Enfant trop pâle et qui s’étiola
Derrière les vitres, comme à l’infirmerie !
 
Enfant trop pâle et trop de connivence
Avec les cloches
Dont le chant morne en lui continuait ;
Avec les cygnes
Tristes et blancs, comme une fin de noce ;
Avec les nuées
Qui l’emmenaient dans un départ de mousseline...

Enfant trop nostalgique et qui se sentait triste
À voir passer les doux séminaristes ;
 
Enfant trop frêle et qui se sentait orphelin
À voir gesticuler comme en détresse les moulins ;
 
Enfant qui ne jouait jamais, enfant trop sage
Guettant dans les miroirs on ne sait quel passage.
 
Enfant dont l’âme était trop atteinte du Nord,
Qui déjà pensait à la mort.
 
Ah ! ce noble, ce pur enfant qu’on a été
Et qu’on se remémore
Toute sa vie et jusque dans l’Éternité !
 

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