Philothée O’Neddy

(1811-1875)

Feu et Flamme

(1833)

Nuits +
Mosaïque ×
Fragment premier

Splееn

Fragment second

Μуstèrе

Fragment troisième

Fаnаtismе.

Fragment quatrième

Ιl miо Τеsоrо

Fragment cinquième

Ρаgе dе Rоmаn

Fragment sixième

Αmоur

 

Philothée O’Neddy

Feu et Flamme, 1833


Il mio Tesoro


 

   
        Mon amour est animé comme la vie,
        Sans bornes comme l’infini.
Schiller.
   
        .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . Une chaîne me lie,
        Que je ne romprai pas ! .  .  .  .  .  .
Victor Hugo.


 
V......, nom mystique émané d’un beau rêve,
Nom vague, primitif, pur comme celui d’Ève,
Nom créé par l’amour et créé pour moi seul,
Dont je me souviendrai jusques dans le linceul,
Dis, n’es-tu pas heureux de nager dans l’arôme
Qu’élève autour de toi mon âme, ton royaume,
Comme une almé se plonge et nage en souriant
Dans un bain tout rempli des senteurs d’Orient ?...
— Oh ! c’est que j’ai pour toi, dans ma chaude poitrine,
Des prédilections d’essence si divine !...
C’est que j’émets vers toi, mon idéal flambeau,
D’ardeurs et de soupirs un cortège si beau !...
— Le Doute et la Raison, couple mélancolique,
M’ont dépeuplé jadis tout le ciel catholique :
Depuis longtemps j’ai dit un solennel adieu
À l’absolvo du prêtre, aux hymnes du saint lieu.
Mais le doux mysticisme, ange d’or et de flamme,
Ne s’est pas pour cela retiré de mon âme !
Ma ferveur ne s’est pas éteinte !... seulement,
Je lis un autre nom sur le bleu firmament. —
À toi seul mes trésors de pieuse tendresse,
Nom suave et chéri de ma dame et maîtresse !
Pour m’imprégner d’extase et de dévotion,
Toi seul es assez riche en fascination !
— Hélas ! autour de toi, ma jolie émeraude,
Mon sens intuitif nuit et jour veille et rôde...
Tant je crains le serpent social !... tant j’ai peur
Qu’il n’étende sur toi sa morbide vapeur !
Tant j’appréhende, hélas ! que cette haleine immonde
Ne te fasse tomber aux préjugés du monde,
Comme une pauvre étoile aux fanges d’un marais ! —
Que je voudrais, mon Dieu ! mon Dieu, que je voudrais
T’enserrer, te cacher à toujours dans l’abîme
De mon amour profond, de ma pensée intime !...
Dans l’arcane pieux, fidèle, protecteur,
Du centre de mon cœur !... dans le cœur de mon cœur !...
 
 
                              (Tiré d’un poème inédit sur l’Amour Platonique.)
 

1833.

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆
☆ ☆ ☆ ☆

Lаfоrguе : Αvаnt-dеrniеr mоt

Cоmmеntaires récеnts

De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé)

De Xiаn sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt)

De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе)

De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn)

De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе)

De Сhаrlеs С. sur Sоnnеt : «Jе sаis fаirе dеs vеrs pеrpétuеls. Lеs hоmmеs...» (Сrоs)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De Βеаudеlаirе sur Βаudеlаirе

De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

De Rigаult sur Αgénоr Αltаrосhе

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz