Le Rhin allemand, par Becker (traduction française)
Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, quoiqu’ils le demandent dans leurs cris
comme des corbeaux avides ;
Aussi longtemps qu’il roulera paisible, portant sa robe verte ; aussi longtemps qu’une
rame frappera ses flots.
Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, aussi longtemps que les cœurs
s’abreuveront de son vin de feu ;
Aussi longtemps que les rocs s’élèveront au milieu de son courant ; aussi longtemps
que les hautes cathédrales se refléteront dans son miroir.
Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, aussi longtemps que de hardis jeunes gens
feront la cour aux jeunes filles élancées.
Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, jusqu’à ce que les ossements du dernier
homme soient ensevelis dans ses vagues.

