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Les Trophées, 1893


Marsyas


 
Les pins du bois natal que charmait ton haleine
N’ont pas brûlé ta chair, ô malheureux ! Tes os
Sont dissous, et ton sang s’écoule avec les eaux
Que les monts de Phrygie épanchent vers la plaine.
 
Le jaloux Citharède, orgueil du ciel hellène,
De son plectre de fer a brisé tes roseaux
Qui, domptant les lions, enseignaient les oiseaux ;
Il ne reste plus rien du chanteur de Célène.
 
Rien qu’un lambeau sanglant qui flotte au tronc de l’if
Auquel on l’a lié pour l’écorcher tout vif.
Ô Dieu cruel ! Ô cris ! Voix lamentable et tendre !
 
Non, vous n’entendrez plus, sous un doigt trop savant,
La flûte soupirer aux rives du Méandre ...
Car la peau du Satyre est le jouet du vent.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 juin 2022 à 18h25

Oiseau marsupial
---

Vers les lointaines mers où voguent les baleines,
J’anime mon plumage et j’agite mes os ;
Dans la douceur de l’air, je survole les eaux
Afin de regagner la verdoyante plaine.

Mon grand-oncle Mouton, maître vêtu de laine,
Dit que j’ai la sagesse (à peu près) d’un roseau ;
Son propos fait honneur à ma tête d’oiseau,
Il faut que je le dise à ma charmante Hélène.

Pourtant, quand il dit ça, je demeure pensif,
Car mon oisillon pousse un murmure plaintif,
Il veut quitter la poche, et chacun peut l’entendre.

Ce vieillissant mouton se montre trop savant,
L’enfant veut s’en aller, et moi, je dois descendre,
Peut-être il veut laisser une place au suivant.

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