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Les Trophées, 1893


La Mort de l’Aigle


 
Quand l’aigle a dépassé les neiges éternelles,
À ses larges poumons il veut chercher plus d’air
Et le soleil plus proche en un azur plus clair
Pour échauffer l’éclat de ses mornes prunelles.
 
Il s’enlève. Il aspire un torrent d’étincelles.
Toujours plus haut, enflant son vol tranquille et fier,
Il plane sur l’orage et monte vers l’éclair
Mais la foudre d’un coup a rompu ses deux ailes.
 
Avec un cri sinistre, il tournoie, emporté
Par la trombe, et, crispé, buvant d’un trait sublime
La flamme éparse, il plonge au fulgurant abîme.
 
Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté,
Dans l’orgueil de la force et l’ivresse du rêve,
Meurt ainsi d’une mort éblouissante et brève !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 17 octobre 2019 à 12h15

Aigle-charpentier
-----------------

Il connaît le cosmos et ses lois éternelles,
La terre, l’eau, la flamme et la douceur de l’air ;
Pour lui, les équations sont un langage clair,
La trigonométrie est chose naturelle.

Les neutrinos dansant comme des étincelles
Traversent vivement les atomes de fer ;
Les photons vont au loin, plus vifs que des éclairs,
L’aigle va s’élevant sur ses puissantes ailes.

Par un son d’inframonde il peut être alerté,
Il redescend alors, quittant le ciel sublime
Afin d’intervenir dans le sinistre abîme.

Certains jours, dans le vide, il vogue en liberté,
Comme un nuage errant, comme un oiseau de rêve ;
Nul ne s’offensera de ces absences brèves.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 27 juillet 2020 à 13h21

Ambilion qui vole
----------

Il est à la dérive, en errance éternelle,
Traçant à l’infini sa route dans les airs ;
Son corps est fatigué, son esprit n’est pas clair,
Il doit bientôt mourir de sa mort naturelle.

De ses amours d’antan lui reste une étincelle,
Du temps qu’il possédait une santé de fer ;
À l’époque, il était plus vif que les éclairs,
Il planait, nonchalant, sur ses immenses ailes.

Or, ce vieil animal n’est point déconcerté,
N’ayant aucun regret de son passé sublime ;
Son coeur reste serein sur les bords de l’abîme.

Lui qui a su mener sa vie en liberté,
Il l’a chargée de sens, il en a fait un rêve ;
Il a pu savourer cette existence brève.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 11 janvier 2021 à 12h37

Aérovestale
----------

Ma trajectoire, c’est la dérive éternelle,
Car je suis, pour toujours la vestale des airs ;
C’est dur par mauvais temps, c’est plaisant par temps clair,
Je ne vous apprends rien, la chose est naturelle.

Ma mère, dit-on, fut une vive étincelle,
Et mon père un grand bloc de minerai de fer ;
Or, leur rencontre fit s’allumer des éclairs
Et j’ouvris aussitôt mes délicates ailes.

Le Seigneur Azazel en fut déconcerté,
Sur qui Freud écrivit une page sublime ;
Il sentit dans son coeur se creuser un abîme.

Depuis tout ce temps-là, je plane en liberté,
Je ne distingue point le réel de mes rêves ;
Je ne sais si ma vie fut bien longue, ou fort brève.

[Lien vers ce commentaire]

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