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Les Trophées, 1893


Fleurs de Feu


 
Bien des siècles depuis les siècles du Chaos,
La flamme par torrents jaillit de ce cratère,
Et le panache igné du volcan solitaire
Flamba plus haut encor que les Chimborazos.
 
Nul bruit n’éveille plus la cime sans échos.
Où la cendre pleuvait l’oiseau se désaltère ;
Le sol est immobile et le sang de la Terre,
La lave, en se figeant, lui laissa le repos.
 
Pourtant, suprême effort de l’antique incendie,
À l’orle de la gueule à jamais refroidie,
Éclatant à travers les rocs pulvérisés,
 
Comme un coup de tonnerre au milieu du silence,
Dans le poudroîment d’or du pollen qu’elle lance
S’épanouit la fleur des cactus embrasés.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 4 octobre 2013 à 09h38

La licorne arc-en-ciel au pays du Chaos
Escalade la dune et descend au cratère,
Puis se livre au sommeil dans son nid solitaire
Sur la ligne de crête, un lieu perdu, là-haut.

De son rire parfois l’on entend les échos,
À l’heure où dans la flaque elle se désaltère,
Ou quand elle surgit par les chemins de terre
Qu’elle va parcourant tout un jour, sans repos.

Puis le soleil couchant allume un incendie
Qui fait rougir au loin la steppe refroidie ;
Le chagrin de l’exil en est pulvérisé.

La licorne arc-en-ciel profite du silence
Pour donner de la force aux clameurs qu’elle lance
Vers tous les horizons, dans le soir embrasé.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 décembre 2019 à 12h08

Fleur de fin d’automne
-----------

La fleur de fin d’automne émerge du Chaos,
Elle qui a grandi sur le bord d’un cratère ;
Rien n’égale en beauté cet être solitaire,
Ni l’or des profondeurs, ni les astres d’en haut.

D’une lyre magique elle entend les échos,
Frais comme l’air qui passe et l’eau qui désaltère ;
Le mage musicien garde les pieds sur terre,
Lui qui danse en mesure et chante sans repos.

Cette terre jadis a vu des incendies
Dont elle est, à présent, tout à fait refroidie ;
Le tapis végétal est bien recomposé.

La fleur de fin d’automne apprécie le silence,
Car les vivants ici nulle clameur ne lancent ;
À la méditation leur coeur est disposé.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 26 mars 2020 à 14h36

Fleur d’un étrange printemps
--------

Il se peut que le monde aille vers le chaos
Et que de noirs démons surgissent des cratères ;
Mais dans mon jardin pousse une fleur solitaire
Qui boit avidement la lumière d’en haut.

De plusieurs chants d’oiseaux la charment les échos,
Elle les apprécie, elle s’en désaltère ;
Sa racine grandit et savoure la terre,
Sa vie de végétal est un plaisant repos.

Il se peut que sévisse un terrible incendie,
De cette fleur la fièvre est vite refroidie ;
Jamais un traitement ne lui fut imposé.

Dans la ville aujourd’hui les hommes font silence,
Seuls les chats des jardins leur subtils appels lancent ;
À l’amour d’une fleur mon coeur est disposé.

[Lien vers ce commentaire]

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